Dead Man's Shoes
Critique du film

Affiche miniature du film Dead Man's Shoes Affiche du film Dead Man's Shoes
 


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Ciné : 1 October 2004

Genre : Drame.
Nationalité : Britannique

Vengeance magnifique (9 / 10)

Mise en lumière d'un petit bijou signé Shane Meadows : en 2004, avant son This is england acclamé presque unanimement par les critiques, Meadows sort un film à l'ambiance profondément amère et contemplative lui aussi, mais qui demeure accueilli plutôt froidement malgré plusieurs prix dans les festivals de cinéma. Un film qui jette une caméra observatrice sur un village de campagne anglaise, perdu sous un perpétuel ciel gris. C'est dans ce hameau oublié de tous que Richard (Paddy Considine) revient de son service militaire pour retrouver Anthony (l'excellent Toby Kebbel, aperçu dans Control ou le Rocknrolla de Ritchie), son frère un peu idiot,qui, durant son absence, a été la tête de turc des caïds locaux, qui lui en ont fait voir de toutes les couleurs en profitant de son handicap. Richard prend alors les devants, et, très sereinement, lance une vengeance en deux temps, mais implacable, contre les dealers locaux.

Exit le superflu, le bruit, le gigantesque et l'explosif, place au vide, au minimalisme et à la disparition sensible de l'humanité. On trouve dans ce film la marque de fabrique de Meadows posée sur This is england : l'utilisation du réel sous forme de photos ou d'images d'archives. Cela semble être important pour le réa de replacer son film et son histoire dans un contexte réel, probablement pour impliquer plus profondément son spectateur dans son oeuvre.  Les personnages sont crédibles et humains, et on en vient à s'attacher aux dealers menacés, quand les doutes et les regrets pointent en eux. Évidemment, le spectateur découvrira le secret de "l'affaire Anthony" à la fin du film dans une intelligente mise en scène, bien  qu'un peu trop prévisible. La musique enivrante joue un rôle important, chuchotant à notre oreille des choses qu'on ne retrouve pas ou peu en paroles ou en gestes mais bien présentes dans le film (nostalgie de l'enfance, ridicule des gangsters ou le tragique et indéfectible acte final). Composée par Aphex Twin, on n'y retrouve étonnement pas la techno glauque du sous sol qu'il plaçait dans 8 mm, l'artiste ne composant ici que des pièces instrumentales au piano et à la guitare, mélancoliques et ouateuses.

Dead man's shoes est l'une des ces pépites inconnues qui prend aux tripes et au coeur, proposant des acteurs très justes, le tout accompagné d'une bande son qui intensifie chaque scène : un excellent film, thriller désabusé et vengeur à la réalisation solide et puissamment immersive.

Par Laurent B. le 16 April 2010.

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