L'enfer est pavé de bonne intentions (6 / 10)
Le retour tant attendu de John McClane se heurte à l'industrie du cinéma des 2000, privilégiant la surenchère visuelle à la profondeur des réalisations. Die hard 4 n'est pas un film que l'on peut détester lorsque l'on a suivi les trépidantes aventures de Bruce Willis dans la trilogie originelle. On appréciera un scénario toujours autant tiré par les cheveux et pas crédible une seule seconde, avec bien sur les flics les plus inefficaces du monde comme dans tout bon Die hard qui se respecte, et un méchant tout en rancune qui se mange les punchlines de McClane durant tout le film. Quelques belles scènes d'actions qui explosent dans tous les sens, mais qui trouvent aussi leurs limites en étant encore plus irréalistes que dans les premiers films, transformant McClane en un superhéros que rien ne peut tuer. Bruce Willis rempile honnêtement, mais il vieillit, et peine à redonner du charme à un John McClane qui s'auto-parodie, l'acteur cabotinant à tout bout de champ et l'introduction de sa fille dans le film étant plus une lourdeur qu'autre chose dans la mise en scène. Justin Long est un peu fatiguant, passant son temps à pleurer comme une fillette pour contraster avec le personnage de Willis, mais le tandem buddy-movie du flic de choc et du hacker trouillard fonctionne à peu près durant la majeure partie du film.
En revanche, s'il démarre sur les chapeaux de roue, le film s'essouffle terriblement dans sa seconde moitié, recyclant les scènes d'actions (même en privilégiant les FX à l'ancienne plutôt que le tout-numérique) et les codes hollywoodiens de la fin catastrophe (héros surhumains, incohérences en pagaille, compte à rebours, méchant qui affronte le gentil) et s'étirant dans des longues inutiles. Notons aussi un enrobage grand public à tout le film, lissant ce qui faisait le piquant et le charme désuet de la trilogie et de son époque, l'âge d'or des films d'actions. Ici, John McClane ne se salit jamais, a arrêté de fumer, cabotine dans son caractère bougon pour jouer au papa poule, et surtout, malgré quelques piques, il a perdu sa légendaire répartie qui faisait le seul des anciens opus et de son personnage irascible. l'atmosphère de Die hard 4 n'est plus celle des anciens films. S'il était difficile de placer la barre aussi haut que Die hard 3, cela n'excuse pas ce "nettoyage" de surface dont a fait l'objet le film pour plaire au plus grand nombre et couper à l'écran ce que l'on prohibe actuellement au cinéma dans les grosses productions (le sang, le tabac, la grossièreté). Même en étant plus léché visuellement, Die hard 4 reste le moins bon des quatre volets, car il tente de moderniser une licence qui trouve son charme dans sa réalisation d'époque. Regarder Die hard 4 après la trilogie originelle, c'est comme avaler un tord-boyau de seconde zone après avoir dégusté un whisky 12 ans d'âge. On sait à quoi s'attendre, mais le résultat finit toujours par piquer aux yeux.
Par Laurent B. le 22 avril 2010.


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