Eternal Sunshine of the Spotless Mind
Secrets de tournage

Affiche miniature du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind Affiche du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind
 


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Ciné : 6 octobre 2004

Genre : Drame.
Nationalité : Américain

Secret de tournage du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind

Secret de tournage du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind

La genèse

Il y a quelques années de cela, le réalisateur Michel Gondry dînait à Londres avec un ami, l'artiste Pierre Bismuth. Ce soir-là, Bismuth lança une idée provocante et riche de possibilités :"que dirais-tu si tu recevais une carte t'annonçant que tu as été effacé de la mémoire d'une certaine personne, et que tu devrais désormais t'abstenir de tout contact avec elle ?" Peu de temps après, Michel Gondry découvrit le script original de Charlie Kaufman pour DANS LA PEAU DE John Malkovich, qui lui donna aussitôt l'envie de travailler avec cet auteur virtuose et hors normes, signataire de certains des scénarios les plus insolites jamais filmés à Hollywood. Michel Gondry : "son écriture me stimule. L'idée première que je m'étais faite de ce film en fut chamboulée. Je décidai d'y parler de nos souvenirs ; du fait que nous sommes nos souvenirs ; que nos souvenirs affectent toute notre vie, et que leur perte prématurée est une tragédie."

Charlie Kaufman : "Michel Gondry m'a proposé cette idée, m'a demandé si cela me plairait d'en tirer un scénario. J'ai accepté parce que j'aime Michel et aimais déjà ses vidéos." ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND (titre emprunté à un poème d'Alexander Pope) serait à la fois une histoire d'amour, une comédie, un film d'émotions. Restait à l'écrire…Cela m'a pris trois ans car je devais d'abord rédiger un autre script (ADAPTATION). Lorsque je me suis finalement attelé à celui-ci, j'étais à court d'idées. Or, bien que je fonctionne de manière relativement logique, je ne suis pas quelqu'un de très organisé, du genre à écrire chaque matin de 9 à 12. J'ai donc flemmardé, tergi-versé…"

Tandis que Kaufman cherchait l'inspiration, Michel Gondry choisissait encore un autre de ses scénarios originaux : HUMAN NATURE, pour en faire son premier long métrage.

Un travail fusionnel

Charlie Kaufman :
"Je me suis mis à travailler avec lui et nous avons commencé à mieux nous connaître."
Michel Gondry :
"Un dialogue permanent s'est instauré entre Charlie et moi."

Steve Golin (Producteur) : "Michel Gondry et Charlie se complètent. Le premier n'a pas seulement un réel talent visuel, mais aussi une âme et une humanité qui font parfois défaut aux artistes visuels. Le second est probablement le scénariste le plus inventif avec lequel il m'ait été donné de travailler. Il crée des situations et des personnages qui sortent radicalement de l'ordinaire, mais dans lesquels vous pouvez vous reconnaître, et il a aussi des idées visuelles fortes."

Anthony Bregman (Producteur) :
"Les scénarios de Charlie sont d'une grande rigueur intellectuelle et riches en surprises comme en émotions. Michel, lui, construit des films à tiroirs, dont il extrait une histoire après l'autre. Tous deux possèdent une inépuisable imagination. Leurs talents respectifs se marièrent dès les premières pages d'ETERNAL SUNSHINE."

Charlie Kaufman :
"Nous avons d'emblée, et régulièrement, discuté du rôle de la caméra. Jusqu'où irait elle dans la représentation de la subjectivité ? Certaines vidéos de Michel vous donnent l'impression de pénétrer dans l'esprit d'une autre personne. Nous avons parlé images, et je me suis dit "Sachant ce dont Michel est capable, j'ai hâte de voir comment il procédera sur telle ou telle scène." Le résultat me paraît d'une grande délicatesse."

Anthony Bregman :
"Michel Gondry et Charlie aiment à s'imposer des règles. Ils se fixent certains paramètres, un cadre à l'intérieur duquel ils s'astreignent à jouer. L'enjeu consistait ici à raconter une histoire d'amour… à l'envers."

Sitôt que Joel (Jim Carrey) se soumet à la procédure Lacuna, les souvenirs de sa turbulente histoire d'amour avec Clementine (Kate Winslet) défilent dans sa tête, des plus récents (et donc des plus volatiles) aux plus anciens. Mais, à mesure que s'évanouissent les réminiscences les plus douloureuses de cette liaison, les plus tendres et les plus optimistes réémergent… et Joel retombe amoureux de Clementine. En inversant ainsi l'ordre chronologique, Kaufman ne cherchait rien d'autre que de retrouver la vérité du vécu amoureux.

Charlie Kaufman : "j'ai toujours pour principe d'écrire des choses qui reflètent la vérité, ou tout du moins, ma vérité. Or je ne retrouve rien de celle-ci dans la plupart des films d'amour. Peut-être ont-ils un rapport avec la vie des gens qui les font, mais ils n'en ont certainement pas avec la mienne. Ici, l'histoire d'amour est présentée dans toutes ses dimensions, plaisantes ou déplaisantes, et je me garde bien d'en tirer une quelconque morale." Kaufman insista pour ne pas discuter le projet tant qu'il n'aurait pas achevé la première mouture. Charlie Kaufman : "j'ai demandé à Michel de me laisser aller à terme avant que nous n'en parlions. D'où une attente forcée et sans doute assez frustrante. Lorsque j'eus fini, je réalisai qu'ETERNAL SUNSHINE serait sans doute mon film le moins comique à ce jour."

Anthony Bregman :
"Après avoir refermé son scénario, j'ai dit à Charlie que j'avais enfin découvert l'histoire d'amour que je rêvais de voir depuis longtemps. Racontée à la perfection, avec tendresse et émotion, elle débute à ce stade critique où un homme et une femme ne peuvent plus se supporter l'un l'autre, puis elle remonte à la source de leur amour, au premier regard, au premier élan… et repart en sens inverse, permettant ainsi à Joel et Clementine de revivre leur idylle avec, désormais, la claire conscience de ce qui les menace. C'est la première fois que je trouvais cela dans un scénario. On voit ce qui attire deux êtres l'un vers l'autre, ce qui les fait tomber amoureux, ce qui les éloigne, et aussi comment la banalité finit par s'installer au sein d'un couple. Certains de ces épisodes sont hilarants, d'autres douloureux. Et l'ensemble vous donne la mesure de la fragilité d'une relation amoureuse."

Steve Golin :
"ETERNAL SUNSHINE décrit avec une grande honnêteté les écueils d'une histoire d'amour. Les gens n'auront aucun mal à s'identifier à Joel et Clementine et à leur relation – dans ses bons comme dans ses mauvais moments."

Par zoom-Cinema.fr le 6 octobre 2004.

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