Les bras cassés de l'espace contre Kiss et Manowar chez les martiens (4 / 10)
Un western à la croisée de The Thing et Mad Max, qui entre deux tranches de hard rock et de gore, pose sur l'humanité un regard d'une ironie salace. Ce film est-il une vaste plaisanterie assumée par John Carpenter ? Une fumée rouge enfouie sur Mars en a marre du barouf que foutent ses voisins les mineurs. D'humeur massacrante, elle décide illico de les transformer en fans de heavy metal guerrier, aidée par une bande son mesurée à 8.7 sur l'échelle de Tony Parker. Heureusement des héros à cran à cause du manque d'effets spéciaux leur règlent leur compte sans que nous ni eux ne sachent vraiment comment.
Plus sérieusement, tout n'est pas à jeter dans ce western futuriste gore. Le début est long et ardu, puis un couple choc se forme classiquement, des types pas très nets s'enflamment et se mettent à jouer les sado-masos ultra belliqueux et enfin Carpenter s'offre trois quarts d'heure de fusillade et de scènes d'actions bouchères. Le film s'enfile rapidement et a au moins le mérite de dérouiller sévère pendant sa première moitié. Après, c'est à peu près tout le reste qui cloche. Le scénario part dans tout les sens, Carpenter semble tester tout et n'importe quoi à la réalisation (des flash-back parfois ratés parfois bien trouvés entre autre) : une ambiance aussi kitch que dans Escape From New York, du doublage absurde, du gore à profusion, des scènes totalement hors de propos (la drague, le coup du pouce), des incohérences à foison, des trous noirs dans le scénario, et un final proposant du grand n'importe quoi. Autre point, les acteurs jouent mal, mais alors d'une force. Autant Ice Cube a prouvé qu'il pouvait être excellent dans Boyz'n the Hood ou Higher Learning, autant ici son role est au niveau de Triple X State of Union ou la série des Friday. Statham est insipide comme souvent, et Natasha Henstridge est une affligeante carcature sur pattes... même si on profite de quelques secondes de la belle en petite tenue, la récompense est maigre, sans parler des bras cassés qui les accompagnent (mention spéciale à Clea DuVall et ses expressions dignes de celle d'un poisson rouge face à une boite de conserve). Plus le film avance (vite, trop vite), plus ça devient n'importe quoi.
Ghosts of Mars est à la limite entre le navet et le nanard, mais n'est franchement pas un film digne d'intérêt. C'est un film curieux, une vaste blague qui devait peut être partir d'une bonne intention, mais dont le propos de différer un peu des sempiternels space movies horrifiques à base d'alien n'a pas été exploité comme il fallait j'imagine. Ou alors c'est de l'autodérision pure et là non plus on ne comprend que difficilement la finesse du propos. Malgré son ton décalé des habituelles productions horrifiques, Ghost of Mars étale une mélasse hasardeuse et chaotique qui ennuie plus le spectateur qu'autre chose passé la surprise initiale.
Par Laurent B. le 11 mai 2010.


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