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Ghosts of Mars
Critique du film

Affiche miniature du film Ghosts of Mars Affiche du film Ghosts of Mars
 


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Ciné : 21 novembre 2001

Genre : Horreur.
Nationalité : Américain

Les bras cassés de l'espace contre Kiss et Manowar chez les martiens (4 / 10)

Un western à la croisée de The Thing et Mad Max, qui entre deux tranches de hard rock et de gore, pose sur l'humanité un regard d'une ironie salace. Ce film est-il une vaste plaisanterie assumée par John Carpenter ? Une fumée rouge enfouie sur Mars en a marre du barouf que foutent ses voisins les mineurs. D'humeur massacrante, elle décide illico de les transformer en fans de heavy metal guerrier, aidée par une bande son mesurée à 8.7 sur l'échelle de Tony Parker. Heureusement des héros à cran à cause du manque d'effets spéciaux leur règlent leur compte sans que nous ni eux ne sachent vraiment comment.

Plus sérieusement, tout n'est pas à jeter dans ce western futuriste gore. Le début est long et ardu, puis un couple choc se forme classiquement, des types pas très nets s'enflamment et se mettent à jouer les sado-masos ultra belliqueux et enfin Carpenter s'offre trois quarts d'heure de fusillade et de scènes d'actions bouchères. Le film s'enfile rapidement  et a au moins le mérite de dérouiller sévère pendant sa première moitié. Après, c'est à peu près tout le reste qui cloche.  Le scénario part dans tout les sens, Carpenter semble tester tout et n'importe quoi à la réalisation (des flash-back parfois ratés parfois bien trouvés entre autre) : une ambiance aussi kitch que dans Escape From New York, du doublage absurde, du gore à profusion, des scènes totalement hors de propos (la drague, le coup du pouce), des incohérences à foison, des trous noirs dans le scénario, et un final proposant du grand n'importe quoi. Autre point, les acteurs jouent mal, mais alors d'une force. Autant Ice Cube a prouvé qu'il pouvait être excellent dans   Boyz'n the Hood ou Higher Learning, autant ici son role est au niveau de Triple X State of Union ou la série des Friday. Statham est insipide comme souvent, et Natasha Henstridge est une affligeante carcature sur pattes... même si on profite de quelques secondes de la belle en petite tenue, la récompense est maigre, sans parler des bras cassés qui les accompagnent (mention spéciale à Clea DuVall et ses expressions dignes de celle d'un poisson rouge face à une boite de conserve). Plus le film avance (vite, trop vite), plus ça devient n'importe quoi.

Ghosts of Mars est à la limite entre le navet et le nanard, mais n'est franchement pas un film digne d'intérêt. C'est un film curieux, une vaste blague qui devait peut être partir d'une bonne intention, mais dont le propos de différer un peu des sempiternels space movies horrifiques à base d'alien n'a pas été exploité comme il fallait j'imagine. Ou alors c'est de l'autodérision pure et là non plus on ne comprend que difficilement la finesse du propos. Malgré son ton décalé des habituelles productions horrifiques, Ghost of Mars étale une mélasse hasardeuse et chaotique qui ennuie plus le spectateur qu'autre chose passé la surprise initiale.

Par Laurent B. le 11 mai 2010.

Critique du film Ghosts of Mars (6 / 10)

UN MARS ET CA NE REPART TOUJOURS PAS

Dans une année de cinéma qui n'en finit plus d'apporter son lot de grosses déceptions, je voudrais le dernier Carpenter. Bonne pioche. Ghosts of Mars se déroule donc sur la planète rouge au XXIIème, mais autant vous dire tout de suite que l'illusion ne fonctionne pas très bien et qu'on sent beaucoup plus l'atmosphère d'un studio de cinéma en 2001, éclairé à grands renforts de poussière rougeâtre (un moyen comme un autre de masquer la pauvreté des décors, pour le coup on est bien dans l'esprit de la série B). Dans un monde où les femmes ont pris le pouvoir (quelle audace, scénaristes !), le lieutenant Melanie Ballard (la mutante Natasha Henstridge) mène sa petite troupe vers une base martienne pour y récupérer le tueur fou James "Desolation" Williams (un surnom terrifiant, en effet) joué par le sympathique rappeur Ice Cube. A leur arrivée, aucune trace de vie, des gens mutilés et pendus un peu partout et le criminel qui attend sagement dans sa cellule. Comme le film s'appelle Ghosts of Mars et qu'on connaît bien nos classiques, on se doute que ça ne va pas chasser l'homme ou plutôt que les traqueurs vont vite se retrouver traqués. Malgré quelques ingrédients indéniablement savoureux (musique heavy-metal bien sentie, premières minutes oppressantes, martiens punks.), le film ne fait pas illusion bien longtemps. A la première apparition du mort vivant en chef (le bien nommé Big Daddy Mars), on se demande franchement ce qu'on est venu faire dans cette galère. On peut bien sûr en rire, on peut aussi regretter qu'à la différence de The Thing le film exploite si mal l'idée de l'esprit voyageant d'un corps à l'autre. Raté dans son aspect survival horror (ça ressemble assez à un mauvais jeu vidéo), Ghosts of Mars l'est aussi dans sa dimension parabolique. On devine derrière la morale western de Carpenter une ébauche de discours politique (le colonialisme latent de certains personnages, "ce n'est plus leur planète maintenant, c'est la nôtre !", ce genre.), mais à l'instar de Tim Burton transformant la philosophie historico-sociale de La Planète des Singes en bête film d'action hollywoodien, Carpenter se contente d'enchaîner platement bastons et explosions, le montage en flash-back ne sauvant pas grand chose à l'affaire. Mais si le réalisateur n'a plus livré de bons films depuis L'Antre de la Folie en 93, il n'en reste pas moins qu'un mauvais Carpenter vaut toujours mieux qu'un blockbuster moyen.

Par zoom-Cinema.fr le 21 novembre 2001.

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