Critique du film Kill Bill : Volume 1 (8 / 10)
RECYCLAGE HA-BILL
Kill Bill, volume 1 film violent ? Oui et non, ...Le sang gicle, les membres du corps sont découpés. Mais pour autant, Tarantino n'atteint jamais le gore du Silence des Agneaux encore moins la violence gratuite de la Passion du Christ . Contrairement à l'acteur de l'Arme Fatale, le réalisateur joue à fond la carte de l'exagération en rendant au passage hommage aux séries B qui ont jalonné sa vie de cinéphile. Résultat : le spectateur fait totalement abstraction de cette agressivité et réalise qu'il visualise une fiction. Les combats hyper-stylisés ne sont ici prétexte qu'à remémoration de multiples références, créant au passage une certaine complicité. N'oublions pas d'ailleurs que les précédents opus du président du festival de Cannes, de Réservoir Dogs à Pulp Fiction, exception faite de Jackie Brown, les personnages ne sont pas des anges.Mais force est de constater qu'à force de boulimie cinéphilique et l'âge aidant, Tarantino a acquis une certaine maturité, atteignant ici son apogée en matière de direction d'acteur (Uma Thurman , superbe de rage contenue) et de lumière (voir la scène en ombre chinoise bleutée). Plaisir, tel semble être le vecteur du cinéaste qui s'autorise quelques libertés bienvenues (passage brutal en noir et blanc, séquence en dessin-animé pour le moins déconcertant) en explosant au passage les règles narratives (découpage en chapitre désordonnés). Au final, une belle réussite qui nous laisse pantois. La jouissance reste totale, l'exercice est brillant. Mais, simple réserve : ne serait-il pas temps de passer à autre chose qu'un recyclage habile, aussi réussit soit-il ?
Par zoom-Cinema.fr le 26 novembre 2003.


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