Critique du film L'homme de sa vie (8 / 10)
DRÔLE D'ENDROIT POUR UNE RENCONTRE
Dès son premier film, Zabou Breitman nous avait conquis avec un regard différent, empreint d'humilité et d'émotion. Des sentiments forts à nouveau au rendez-vous avec L'homme de sa vie, sa nouvelle réalisation. La cinéaste confirme son talent, en installant par petites touches une relation spéciale. Tout en délicatesse, à l'instar d'Ang Lee dans Le secret de Brockeback Moutain, elle évoque l'amour au masculin avec une rare justesse. L'exercice ambitieux, se révèle réussit tant sur le fond que sur la forme. La nature, magnifiée par la mise en scène sert de décor à cette histoire d'amour qui sait prendre son temps. Sans fioritures inutiles, mais avec une mise en scène soignée et virtuose (flashbacks habiles, vues aériennes, jeux de lumières), elle cerne les failles de chacun des protagonistes, éclaire leurs zones d'ombres, pour mieux les rapprocher par la suite. Le tout porté par des acteurs tout en retenue, Charles Berling et Bernard Campan en tête. L'air de rien, la jeune cinéaste a gagné en assurance dans sa mise en scène, et nous offre une réflexion qui dépasse bien le stade de l'amour au masculin, en invitant le spectateur à s'interroger sur le conformisme et le désir de liberté de chacun.
Il faut Se souvenir des belles choses s'il on en croit le titre de la première oeuvre de Zabou Breitman. L'homme de sa vie restera à ce titre comme un moment cinématographique marquant et délicat.
Par zoom-Cinema.fr le 11 octobre 2006.


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