Critique du film Les Autres (7 / 10)
L'ENFER, C'EST LES AUTRES
Alejandro Amenabar est un jeune et surdoué réalisateur espagnol. A seulement 29 ans, son talent est déjà largement reconnu dans son pays d'origine, où ses compatriotes le comparent même à quelques grands comme Pedro Almodovar ou Alfred Hitchcock. Dans son deuxième film, "Ouvre les yeux", il nous avait déjà fait visiter son esprit tourmenté, ingénieux et rempli de finesse. Pour son troisième film (le premier en langue anglaise), c'est quasiment un chef- d'ouvre qu'il nous livre. Trame hitchcockienne sur décors burtonnien (brouillard, jeu d'ombres et de lumières.). Ici rien n'est laissé au hasard, rien n'est gratuit, rien n'est excessif. Chaque détail, chaque mot prononcé prend tout son sens le moment voulu, et ce jusqu'au dénouement. Mais c'est dès le début que la toile nous absorbe : une ambiance par laquelle images et musique se marient avec magnificence, donnant presque des sensations étranges dès les premières secondes. Nicole Kidman est pour beaucoup dans la réussite de cette ouvre. Après sa remarquable prestation dans le chantant "Moulin Rouge", elle nous prouve une fois encore l'étendue de son talent. Kidman exprime dans "Les autres" une douce discrétion qui ne rend que plus forte l'interprétation de Grace, un personnage tout en nuances. Les personnages des serviteurs (joués par Elaine Cassidy, Fionnula Flanagan et Eric Sykes) agrémentent l'intrigue par leur parfaite exécution des rôles.
Mais le film ne serait rien sans la présence grandiose de James Bentley et d'Alakina Mann, dans les rôles de Nicholas et d'Anne. Ces deux enfants font passer au spectateur la moindre émotion, le moindre tremblement. Et nous tremblons avec eux. "Les Autres" est un conte à vous glacer le sang, un subtil conte de terreur psychologique. Ce sinistre romantisme ne déshonore pas les classiques du genre et rappellerait presque les films que la Hammer aimait tant.
Par zoom-Cinema.fr le 26 décembre 2001.


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