Les seigneurs de Dogtown
Critique du film

Affiche miniature du film Les seigneurs de Dogtown Affiche du film Les seigneurs de Dogtown
 


88 %   (5 votes)

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Ciné : 20 juillet 2005

Genre : Drame.
Nationalité : Américain

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Born to be wild (9 / 10)

Il aura fallu du temps pour obtenir un vrai film sur le skate, mais quel film ! Tiré d'une histoire vraie, Les seigneurs de Dogtown est plus qu'un biopic, c'est un vrai et beau film sur l'amitié. On se marre, on pleure, on découvre, et on y retourne. L'histoire des Z-boys c'est un pure condensé de liberté dans lequel le spectateur en prend plein les mirettes.

Fabuleusement interprété par son casting en béton armé, Les seigneurs de Dogtown est loin d'être un film sur le skateboard façon MTV. Catherine Hardwicke a réussi la prouesse inouïe de décoller du dos du skateboarder l’étiquette de "beauf frimeur de sensations extrêmes" pour en faire transpirer une réelle passion de puristes, préférant aux plans spectulaires l'histoire fraternelle d'une confrérie de gosses désabusés, qui plongent leur énergie et leur frustration dans le sport. Histoire d’amitiés qui défie les conditions sociales et les évolutions personnelles, Les seigneurs de Dogtown est le type de film qui surprend de bout en bout. Chaque personnage a son caractère et sa personnalité, et la même insouciance basée sur la défonce, les filles et l'adrénaline. C'est seulement lorsque les sponsors et les medias commencent à s'arracher ces jeunes prodiges que cette bulle fraternelle va alors voler en éclats. Difficile de grandir et d'endosser des choix et des responsabilités. Les personnages hauts en couleur, la folie du film et de l'adrénaline culottée et insouciante des Z-boys, le contexte historique, la bande son d'époque, l'insouciance et la passion du gang, la fraternité, les coups durs et les rivalités, tout dans le film appelle la nostalgie de la jeunesse, les souvenirs et la force de l'amitié, dans une ambiance qui n'est pas sans rappeler celle du bouleversant Péril jeune de Klapisch.

Un excellent film, pas seulement sur le skateboard mais sur la naissance d'une culture, d'un mouvement, sa récupération par le business et les réactions de ses instigateurs face à cela, et qui raconte la genèse du skateboard dans l’histoire de ces gamins de Santa Monica, qui font l’expérience de leur amitié et de la vie dans l’Amérique des années 70. Rien n’est surjoué. Tony Alva était bel et bien ce fils d’immigré avide de réussite mais attachant par son énergie et sa volonté, Stacy Peralta était le plus calme et le plus réfléchi de tous, peut-être pas aussi benêt que ça (surtout face à Nikki Reed). Heath Ledger compose un personnage mordant et désabusé, quant à Emile Hirsch, il joue un Jay Adams aussi torturé, entier et authentique que le vrai. Même si sa seconde partie est un peu plus manichéenne que la première, Les seigneurs de Dogtown est une oeuvre poignante et réussie,  autant pour son coté docu-fiction historique que pour l'histoire de l'adolescence même de cette époque. Un film simple et sincère, nous remettant parfaitement dans l'ambiance des années 70, aux personnages attachants et convaincants, avec qui on ne demande finalement que de passer encore un peu plus de temps à leurs côtés.

Par Laurent B. le 22 avril 2010.

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