Critique du film Lettres d'Iwo Jima (8 / 10)
L’ÂME DES GUERRIERS
Clint Eastwood ferait presque galvauder le mot de chef d’œuvre, tant ces derniers films atteignent ce stade avec une réalité métronomique, de Million Dollar Baby à Mystic River.
Arrivé à l’apogée de sa carrière, le réalisateur fait de l’épure une seconde nature.
Deuxième volet de son diptyque après Mémoire de nos pères / Flags of our fathers
Lettres d’Iwo Jima saisit irrémédiablement le spectateur par sa beauté formelle et la richesse de son scénario.
Humblement, le metteur en scène sonde l’âme humaine, filme comme jamais les peurs, les doutes et les gestes ultimes.
Délibérément intimiste, le long-métrage atteint une profondeur dont peu de films de guerre peuvent de targuer.
Derrière l’aveuglement, le patriotisme latent et l’effroi, le réalisateur propose le pendant du conflit, vu du côté japonais.
Avec un même constat…
Jamais l’absurdité des conflits, voir leur contradictions (Le général Kuribayashi a passé de nombreuses années à sillonner les Etats-Unis) n’a été sans doute aussi bien décrite, faisant fi des considérations nationales, filmant à hauteur d’homme.
Saisissant de bout en bout, Lettres d’Iwo Jima frappe en plein cœur et marque durablement les esprits.
H.T
Par zoom-Cinema.fr le 10 janvier 2007.


Soyez le premier à commenter ce film !