UN JOUR SANS FIN (9 / 10)
Après nous avoir profondément touché avec Virgin Suicides, Sophia Coppolla nous bouleverse littéralement avec Lost in translation. Son économie de moyens et celui du jeu des acteurs (Bill Murray formidable dans son meilleur rôle de puis Un jour sans fin et Scarlett Johansson, la grâce et la pudeur incarnés) n'est pas sans rappeler In the mood for love. Même visages frôlés, même suggestion et même fin énigmatique.Là encore deux personnages qui se cherchent. Il est rassurant de voir encore à l'époque de la mise en avant de la nudité, de la pornographie et des pubs aguicheuses de voir des films comme celui-ci basé sur les sous-entendus, aux antipodes de la société déshumanisée que dénonce la réalisatrice : vue sur les grattes-ciels, téléphone portable, ascenseurs où les personnes demeurent anonymes, jeux vidéos sur lesquels s'abrutissent les jeunes.
En contrepoids de la langueur et du poids interne de ses personnages, la mise en scène de Sophia Coppolla se révèle aérienne et magique. La caméra met en valeur les couleurs chaudes et les cadres intimistes. Lost in Translation, tout comme le précédent opus de la cinéaste, se révèle envoûtant de bout en bout. Le charme opère longtemps, longtemps, après la projection.
Par zoom-Cinema.fr le 7 janvier 2004.


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