Secret de tournage du film Lost In Translation
Sophia Coppola, Le Japon et Bill Muray
Ce n?est pas un hasard si Sophia Coppolla a choit de tourner au Japon, un pays où il n'est déjà pas difficile, naturellement, de se sentir perdu. Idéal pour le script. L'envie de faire un film dans ce pays est venue après plusieurs voyages de la réalisatrice . Sophia Coppolla y est allée six ou sept fois, entre vingt et vingt-cinq ans. L'idée a mûri en passant du temps à Tokyo, notamment au Park Hyatt. Le rôle principal a été écrit spécialement pour Bill Murray afin de montrer sa face sensible. Celle qu'on voit un peu dans Rushmore.
Anecdote amusante pour terminer : l'équipe tournait la séquence de l'alerte d'incendie, qui est censée se passer au milieu de la nuit. L'équipe de casting était presque exclusivement nipponne. Ils avaient recruté cinquante figurants. Tous les figurants étaient en costume cravate Alors la costumière, Nancy Steiner, a récupéré auprès de l'hôtel tous les vêtements possibles, peignoirs, robes de chambre, kimonos, et tous les figurants se sont rhabillés sur le parking. Ce genre d'incidents s'est répété plusieurs fois.
Le scénario
La réalisatrice explique comment elle a composé le script de Lost in Translation. Sophia Coppolla : "je ne l'ai pas écrit à Tokyo. De mes séjours, j'avais rapporté des photos. Beaucoup des lieux où se passe le film sont des endroits où je suis allée. J'ai un ami, Charlie Brown, qui me fait toujours découvrir de nouveaux endroits. Evidemment, Charlie Brown est un surnom : il s'appelle Fumihiro Hayashi et dirige un magazine de mode. Dans LOST IN TRANSLATION, on le voit chanter " God save the queen ". Il chante toujours cette chanson, et cette image était une des premières autour desquelles je voulais faire un film… Je suis retournée à Tokyo un an avant le tournage, avec des amis. J'ai filmé en vidéo tout ce qui me paraissait intéressant, et c'est d'après cela que j'ai travaillé sur le scénario. Certaines séquences viennent directement de là : la séance d' " aqua-aerobic " dans la piscine, ou le dîner au Shabu-shabu. Et puis il y avait aussi ces campagnes de pub qu'on voit au Japon : des stars américaines qui défendent des produits tout en paraissant un peut gênés de le faire. Je me moque de ça gentiment. Je ne dénonce pas une quelconque hypocrisie. C'est juste si étrange d'être au Japon, et, en levant la tête, de voir Brad Pitt vendre du café, ou même de voir le visage de Brad Pitt flotter au milieu d'un distributeur de boissons… Ça fait partie de ces choses incongrues qu'on voit au Japon, comme la réplique parfaite d'un bistro français… "
Par zoom-Cinema.fr le 7 janvier 2004.


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