A armes égales (8 / 10)
Après sa période créatrice (Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, Delicatessen), Jean-Pierre Jeunet semble entré dans une nouvelle phase, où il recycle. On retrouve dans Micmacs à tire-larigot tous les grandes caractéristiques du cinéaste. Des personnages attachants, une fantaisie débridée, un mélange de poésie et de burlesque. Sans oublier ce sens du détail déjà présent dans son premier court-métrage, J'aime/J'aime pas.
Au-delà de cet apparent conformisme, le cinéaste s’engouffre dans une certaine veine sociale, dans la droite lignée de La très très grande entreprise. Pour la première fois le réalisateur ancre son film dans la réalité. L’intrigue y gagne en profondeur. Truffé de bonnes idées visuelles, le film est parfois ralenti par certaines scènes (la relation houleuse entre Bazil et la Môme). Malgré ce manque de renouvellement dans le style du cinéaste, Micmacs à tire-larigot regorge de bonnes idées proprement hilarantes (la gouttière et le chat, le micro dans la cheminée). Bien monté, bien scénarisé (la scène de l’aéroport est un summum), servi par des comédiens truculents, un film qui fait honneur au cinéma français. Le haut du panier de la production hexagonale, un régal de tous les instants.
Par Hervé le 29 octobre 2009.


Ce film a 4 commentaires.