Critique du film Une femme de ménage (6 / 10)
LAURA ET MR JACQUES
Dans la veine des ses films intimistes, (« Un moment d'égarement », « Je vous aime »), Claude Berri réalise un film touchant et pudique. Dans le rôle principal, Jean-Pierre Bacri fait du Jean-Pierre Bacri, toujours aussi ronchon, affinant au passage son registre sensible, déjà entrevu dans Le goût des autres. Blessé et paumé, l'homme oscille entre protection et élans envers sa femme de ménage. Cette dernière, incarnée par une Emilie Dequenne qui n'hésite pas à manipuler la contradiction en mélangeant sourires timides et tenues affriolantes, apporte au cinquantenaire toute la tentation qu'un corps de vingt ans peut lui apporter. Bousculant au passage les habitudes d'un homme abonné au classicisme et aux lectures ardues (Le Monde).
Toute proportion gardée, on pense au duo Nelly et Mr Arnaud, pour la chasteté de l?ensemble (le jeu sur le vouvoiement), les silences évocateurs et la formidable interprétation des deux protagonistes. Le film signe en tout cas le retour au meilleur niveau du producteur derrière la caméra, même si on regrettera par ailleurs une fin alambiquée. Claude Berri ayant visiblement épuisé toutes ses cartouches scénaristiques, aboutit à un épilogue confus que chaque spectateur conviendra d'interpréter.
Par zoom-Cinema.fr le 13 novembre 2002.


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