Critique du film Vol 93 (8 / 10)
LES AILES DE L'ENFER
Le devoir de mémoire sur un événement aussi fort que le 11 septembre 2001 pouvait-il être porté à l'écran ?
Réponse à cette interrogation : Vol 93, de Paul Greengrass.
De même que le nombre incalculables de long-métrages se déroulant durant la seconde guerre mondiale (de La vie est belle à La Grande Vadrouille en passant par Paris Brûle-t-il ? et La liste de Schindler), cette nouvelle mise en scène du réalisateur de La mémoire dans la peau restera certainement dans l'histoire comme une pierre angulaire dans l'hommage rendu à des innocents.
La meilleur des idées étant d'avoir confiée un tel projet à Paul Greengrass. Au regard du résultat final, il était l'homme de la situation.
Après Bloody Sunday, le cinéaste conserve son tact pour cet exercice imposé, qui pouvait flirter avec le mauvais goût.
Crainte vite dissipée. Le réalisateur s'est imposé des gardes-fous, comme le recours à des comédiens inconnus et des anonymes.
Vol 93 y gagne en intensité et véracité. Le travail de documentation vient parfaire le tout.
Sincère et sans jamais tomber dans la facilité du pathos, Paul Greengrass s'impose un dépouillement bienvenu et offre un instantané d'une Amérique divisée, comme avait pû le faire Spike Lee avec Inside Man. Le spectateur en ressortira K.O. Pas de surenchère. Un simple constat face à la barbarie.
Et un hommage d'une simplicité bouleversante pour des héros d'un jour d'une rare dignité. Tout simplement.
H.T
Par zoom-Cinema.fr le 12 juillet 2006.


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