Critique du film A.I, Intelligence Artificielle (3 / 10)
ALLO MAMAN ROBOT
Kubrick et Spielberg sont des réalisateurs de renoms mais aux antipodes l'un et l'autre. Et quand le chouchou du public décide d'accéder aux dernières volontés du maître en mettant en image son dernier projet, qu'est-ce que cela peut donner ? "A.I" est un film somme, un film hybride où les maladresses côtoient les fulgurances. D'une brillante études de moeurs autour de l'adoption d'un enfant-robot, le spectateur passe à un pseudo-pinocchio matiné de Blade Runner pour terminer par un hommage inopportun et raté à 2001, odyssée de l'espace. Spielberg n'avait plus écrit de scénario depuis Rencontre du Troisième Type. Les 25 ans d'abstinence se traduisent à l'écran par une narration heurtée entre scènes trop explicatives et ellipses mal venues. Scènes trop explicatives et ellipses mal venues. Résultat : le spectateur est perdu et n'a plus qu'à contempler les images, par ailleurs très belle, d'une mégalopole futuriste. C'est mince.
Au rayon interprétation et autour de la comète Haley, le reste de la distribution a bien du mal à exister. Jude Law en mecha american gigolo demeure plus ridicule que drôle. La présence de son personnage est des plus discutables au contraire du savant fou campé par William Hurt sacrifié au montage. A.I est une oeuvre sous influence, d'un réalisateur qui, par peur de se faire manger tout cru par son sujet, est revenu à ses plus grands travers de cinéaste (mièvrerie et démagogie). Un film qui aurait sans doute du rester à l'état de projet mais qui mérite tout de même le coup d'oeil ne serait-ce que pour entrevoir ce que l'oeuvre aurait pu être entre les mains du maître.
Par zoom-Cinema.fr le 24 octobre 2001.

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