Critique du film Coeurs (5 / 10)
COEURS A CORPS
Alain Resnais, un modèle pour les jeunes cinéastes ? Sans aucun doute. A l'heure où certains s'autoparodient et manquent cruellement d'imagination, le réalisateur de d'Hiroshima mon amour et Muriel, nous offre une belle leçon d'humilité et surtout de créativité. A 84 ans passés, le cinéaste arrive encore et toujours à surprendre. Sa mise en scène alterne sait jouer sur les focales, prise de vue en contre-champ dans les appartements, regards à travers certains prismes comme les rideaux (Pierre Arditi témoin de conversations derrière son bar) ou la neige.
Si la forme demeure brillante, le fond ne se révèle hélas pas au diapason. Après Pas sur la bouche et surtout le ludique On connaît la chanson, le cinéaste renoue avec la morosité la plus profonde de Smoking/No Smoking. Indéniablement, le duo Jean-Pierre Bacri / Agnès Jaoui avait dynamisé le cinéma d'Alain Resnais au gré des refrains les plus connus de la chanson populaire française. Une acuité et un ton mordant sur des personnages qui manque cruellement à ce nouveau film. Si certains jeux de mise en scène nous esquissent quelques sourires (comme les insanités de Claude Rich en hors-champ), pour le reste, la mélancolie et la lenteur viennent définitivement plomber notre intérêt. Un ennui mortel, d'autant que le personnages n'ont rien d'attachants, dans leur solitude déprimante.
Rien n'y fait. Sabine Azéma, a beau se rapprocher de la tenue d'Eve, Lambert Wilson se révéler maladroit dans ses nouvelles conquêtes : le script manque particulièrement de relief et produit chez le spectateur d'intenses envie de bailler au corneil.
Par zoom-Cinema.fr le 22 novembre 2006.


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