Antony Cordier et Elodie Bouchez nous en disent plus sur Happy Few
Happy Few avec Marina Foïs, Elodie Bouchez, Roschdy Zem et Nicolas Duvauchelle sera bien dans les salles. A cette occasion, Zoom Cinéma a rencontré Antony Cordier, le réalisateur et Elodie Bouchez.
Z.C : Cinq ans se sont écoulés entre votre premier film « Douches Froides » et Happy Few. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?
Antony Cordier : Je pense que pour faire un film il faut y voir une nécessité, c'est-à-dire réunir toutes sortes d'éléments, à commencer par les acteurs. Et puis je dois avouer que je n'ai pas beaucoup de talent pour écrire un scénario. Donc sortir un film tous les ans... Je ne vois pas comment je pourrais y arriver.
Z.C : Justement, pourquoi avoir choisi un tel scénario ?
A.C : Pour moi, Happy Few c'est une sorte d'amour moderne. Je n'accepte pas le terme « d'échangisme » tout simplement parce que le mot lui-même ne donne pas envie. L'histoire est bien plus que ça. C'est une expérience au sein du couple. Avec cette volonté d être libre, beau et indépendant et où l'on se rend compte que finalement on peut être jaloux et dépendant de l'autre. Et puis se sont des personnages de ma génération, des trentenaires qui ont hérités des années 68 et d'une liberté sexuelle, bien qu'ils n'y adhèrent pas totalement.
Z.C. : Et vous Elodie, qu'est ce qui vous a motivé à faire partie de l'aventure ?
Elodie Bouchez : C'est le package, le tout. J'avais vu Douches Froides que j'avais beaucoup aimé, je l'ai regardé à nouveau avant le tournage. J'ai tout aimé sur ce projet. Et la perspective de jouer avec Marina Foïs m'enchantait.
Z.C. : Vous êtes vous inspiré de l'expression de Stendhal pour le titre ?
A.C : Je dois avouer qu'Happy Few, au départ était pour moi juste une expression, pas forcément en lien direct avec Stendhal. Bien que l'on retrouve cette idée de romantisme et de groupe privilégiés. Ils ne sont pas tous riches, mais ils ont beaucoup travaillé pour avoir leur situation sociale. Et c'est pour cela que c'était important pour moi que les personnages soient moraux et nobles.
Z.C. : Dans Happy Few, les scènes de sexe sont très présentes...
A.C : Oui, mais toutes ces scènes se déroulent dans une extrême douceur. Ca me paraît naturel de décrire les gens à travers leur sexualité. Lors du tournage, nous avons beaucoup travaillé avec des plans larges, car souvent au cinéma, dans des scènes d'amour il y a des ellipses ou beaucoup de plans serrés de telle façon à ce qu'on ne voit pas grand-chose. Au contraire, nous avons essayé d'être précis, de trouver quelque chose de concret tout en faisant en sorte que les scènes restent belles.
Z.C. : Elodie, comment avez-vous vécu le tournage ?
E.B : Sans aucun problème. Les scènes de sexe, physiques, ne me posent pas de problème sachant qu'en amont il y a tout une discussion avec le réalisateur. Il m'a demandé si des choses me gênaient, mais rien ne m'a choqué ou dérangé. Au contraire, cela me plaisait beaucoup d'explorer ce côté-là : réussir à faire comprendre au spectateur un personnage qui ne s'exprime qu'avec le corps. C'est ce qui m'a plu.
Z.C : Outre les scènes d'amour, les personnages sont toujours en mouvement... Elodie, cela demande-t-il un effort particulier ?
E.B : Non. On a très vite senti que nous étions libres dans l'espace, peut-être aussi parce que beaucoup de scènes étaient tournées caméra à l'épaule. Pour moi, c'est devenu comme une danse avec la personne qui film.
A.C : ... Et c'est pour ça que c'est génial de tourner avec Elodie. C'est une personne qui, instantanément, crée beaucoup de mouvement, de vitalité.
Z.C : Le film est présenté à la Mostra de Venise, comment avez-vous réagit ?
A.C : Nous sommes très contents, évidemment. C'est un honneur, mais ce que j'espère avant tout c'est que le public, en voyant le film, le trouvera bon.
Par Marion F. le 2 septembre 2010.


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