Critique du film Mensonges d'état (6 / 10)
L'INFILTRE
Après American Gangster, Ridley Scott confirme sa bonne forme et son retour sur le devant de la scène, après nous avoir gratifié de quelques nanars comme Une grande année. Manipulations, intox et guerre contre le terrorisme sont au cœur de ce Mensonges d'Etat. Le thriller géopolitique s'efforce de rendre compte de la complexité de la situation au Proche-Orient mais ne convainc qu’à moitié, malgré la débauche de moyens. Le cinéaste n’a pas lésiné sur le nombre de caméras. A ce titre la mise en scène n’est pas sans faire écho à La chute du faucon noir du même réalisateur. Le savoir-faire de Ridley Scott en la matière n’est plus à prouver. L’ensemble est efficace et servit par une interprétation de qualité : la vie privée du personnage de Leonardo DiCaprio sacrifiée par un chef éloigné des réalités (Russell Crowe et son oreillette qui commande son agent tel un pantin).
Mais si le scénario offre une vision nuancée de la situation complexe au Proche-Orient, le script pêche en revanche par une intrigue inutilement complexe de continent en continent. L’histoire d’amour parasite inutilement le tout, et ce au détriment d’autres thèmes comme la trahison qui auraient mérité d’être davantage approfondis. Au final Mensonges d’Etat se regarde sans déplaisir. Dommage qu’il n’en reste qu’au stade du simple divertissement là où Syriana avait capté l'essence même des problèmes au Moyen-Orient.
Par zoom-Cinema.fr le 5 novembre 2008.


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