Critique du film Minority Report (8 / 10)
SUSPENS ARTIFICIEL
Il y a vraiment plein de trucs rigolos avec le marketing au cinéma, et les affiches de films n'en sont pas le moins bon exemple, loin s'en faut. Prenez les films de Steven Spielberg. "Intelligence Artificielle" (A.I) était selon son affiche "le chef d'oeuvre de Steven Spielberg". Admettons qu'un spectateur n'ait vu que celui-ci, ça ne devrait pas l'inciter à en voir d'autres. Et Minority Report, alors ? "Le meilleur film de Steven Spielberg". Mince, rien que ça ? Mieux que le chef d'oeuvre ? Diantre, ce monsieur Steven Spielberg doit vraiment être très fort. Mais sûrement pas aussi fort que Tom Cruise. Lui, son nom est toujours écrit plus gros que le titre du film dans lequel il joue sur l'affiche. Lesdites affiches étant assez interchangeables. Le "perfect man in the perfect world", après tout l'affiche ne vend que lui.Même plus besoin du perfect world. Bon, c'est moins flagrant sur Minority Report que sur Vanilla Sky (la palme) ou Mission Impossible 2, meuh bon? Quelle passionnante digression?
Et à part ça, le film ? Rassurez-vous, il est bien plus satisfaisant que l'interminable Intelligence Artificielle" (A.I) , même si Steven Spielberg ne va pas au bout de son idée? Vous savez, le discours d'artiste comme quoi il veut se faire plaisir, maintenant, après avoir fait plaisir au public? genre? alors que viennent faire dans une adaptation de Philip K. Dick ces dernières images new age toutes droit sorties du Seigneur des Anneaux (vous avez bien lu), précédées (et c'est presque un pléonasme) de la perspective d'un avenir meilleur (réconciliation, bébé en route? au secours !) ?
Ne soyons tout de même pas trop intransigeants avec l'ami Steven Spielberg qui semble s'amuser comme un gosse avec la science-fiction. Les effets spéciaux sont juste parfaits, la maîtrise technique indiscutable (cette scène de fuite, my God !) et mine de rien, le futur décrit dans le film ne verse jamais dans la surenchère megalopolisante (Le Cinquième Elément de Luc Besson, pour ne pas le citer) et garde un visage humain qui le rend extrêmement crédible.
De son côté, Tom Cruise ne démérite pas malgré le pari idiot qu'il a dû perdre avec un copain et qui l'oblige à apparaître défiguré dans chacun de ses films (depuis Vanilla Sky). Une bonne partie du contrat est donc rempli, malheureusement le scénario se révèle un chouia décevant. Pas que l'on s'ennuie, non (humour et seconds rôles sont O.K.), mais pas que l'on ait souvent l'occasion de se dire "ouah, dément !" non plus.
Par zoom-Cinema.fr le 2 octobre 2002.


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