Critique du film Superman Returns (6 / 10)
TETE A CLARK
Exit donc Christopher Reeve, décédé depuis, place à un jeune inconnu (Brandon Routh) dans le rôle du super-héros volant. Retour remarqué à plus d'un titre, les nouvelles aventures de Superman étant mises en scène par Bryan Singer, à l'origine des très réussis X-Men 1 et 2. C'est dire si ce nouveau long-métrage du cinéaste était attendu. Si Superman Returns ne nous déçoit pas, il n'emporte pas non plus notre adhésion totale. La faute principalement à des longueurs : le film aurait pu très facilement durer 34 minutes de moins. A tel point que le spectateurs est sur le point de trépigner sur son siège. On frôle l'exaspération, dans une scène-clé notamment, où Clark/Superman vient d'être sauvé par Lois Lane. Notre homme, à peine remis de ses blessures; avoue qu'il se voit obligé de « d'y retourner » (sur les lieux dont on vient de l'extirper quelques instants plus tôt). Rage et désespoir, même pour les plus indulgents.Excepté ces quelques ratés, Bryan Singer offre un spectacle intelligent, qui ne frôle jamais avec le ridicule, effets spéciaux modernes aidant.Connaissant le passé auteuriste du cinéaste (Usual Suspects), on ne s'étonnera guère que le metteur en scène apporte un peu de consistance à son personnage, comme avait pû le réaliser Sam Raimi avec Spider-Man 2. Ici, les atermoiements de l'homme araignée laissent place à des problèmes de filiation. Quelques bribes de réflexions sur l'héritage, bienvenus dans cette oeuvre grand public, qui n'en oublie pas pour autant les morceaux de bravoure (l'avion déposé délicatement sur la stade).Face à Superman, Kevin Spacey ne démérite pas, campant un truculent Lex Luthor, au facies impassible. Personnage non dénué d'humour («Que disait mon père quand j'étais petit ? » « Que tu étais chauve ! »). Interprétation convaincante, confirmant l'adage d'Alfred Hitchcock : « quand le méchant est bon, le film l'est aussi ». S'il n'esquive pas les incohérences (personne ne fait le rapprochement entre l'absence prolongée de Clark et les missions de Superman), Superman Returns offre un spectacle de qualité, ampoulé par des scènes inutiles, qui nuisent au rythme de l'ensemble. Le spectateur attendait mieux (trop ?) de la part de Bryan Singer, qui avait mieux reflété par le passé les contradictions des super-héros (X-Men). Une modernisation du mythe en somme. Pas une révolution.
Par zoom-Cinema.fr le 12 juillet 2006.


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