The Basketball Diaries
Critique du film

Affiche miniature du film The Basketball Diaries Affiche du film The Basketball Diaries
 


69 %   (13 votes)

Donnez votre avis !

Ciné : 6 mai 1998

Genres : Biopic, Drame.
Nationalité : Américain

Acheter le DVD de The Basketball Diaries Acheter le DVD et les produits dérivés maintenant !

I'm waiting for the man (9 / 10)

Etonnament puissant. Cinq ans plus tard, inspiré par ce film méconnu qui révéla DiCaprio et l'excellent Drugstore cowboys, Requiem for a dream révolutionnait le film de junkie avec son montage baroque et électronique dont il se servait pour tisser son atmosphère. Mais sans The basketball diaries, le film acclamé d'Aronofsky n'aurait sans doute jamais existé, tant ses personnages semblent descendre en ligne directe de la fratrie déchirée de ces journaux du basketball. Bien plus direct et détonnant que les deux précités, The basketball diaries est un film très noir, avec de brefs instants de lumière. Et c'est aussi, et de loin, le meilleur role de Leonardo DiCaprio ait jamais interprété, celui de Jim Carroll, dont le livre autobiographique a servi de support au film, qui raconte ainsi sa décadence dans le New York des sixties. L'écriture d'un journal intime et la passion qu'il a pour le basket ne l'empêcheront pas de sombrer dans la dépendance à l'héroïne, de se faire renvoyer de son école ainsi que de son équipe, de se brouiller avec sa mère et ses amis...

Le film prend quelques libertés avec le roman, mais demeure une oeuvre puissante et poétique, malgré le drame initial du sujet. On pense plus au Péril jeune et à Requiem for a dream plutôt qu'aux délires rock'n'roll et morbido-freaks d'un Trainspotting, ou des hallucinations épileptiques et furibardes de Las Vegas parano et Human traffic. Mais au delà de toute comparaison superflue, The basketball diaries possède vraiment une identité propre, bien que typiquement marquée à l'image par les années 90 (dans le grain de celle-ci). Le film construit peu à peu la vie des junkies vers leur insatiable recherche d'argent nécessaire à leur oubli artificiel. Et Leonardo DiCaprio, tout jeunot à l'époque, recrée un personnage bouleversant, à l'humanité crâmée par le manque et le désespoir, crevant littéralement l'écran tout au long de chacune de ses scènes (des pleurs ou de la colère à celle irréelle du fusil à pompe). Car The basketball diaries n'est pas un film sur les motivations des drogués comme pouvaient l'être Requiem for a dream ou Drugstore cowboys : c'est un drame et une histoire d'amitié poignante qui ne fait jamais dans l'extravagant mais plustôt dans la descente vers les abîmes des junkies. Belle histoire vraie et pamphlet anti-drogue et qui a le mérite de nous prouver que personne, aussi intelligent soit il, n'est à l'abri d'une telle chute.

Les personnages secondaires sont bien imaginés (un excellent Mark Wahlberg aussi jeune que DiCaprio et donc méconnaissable !), l'histoire suit son chemin sinueux et la fin retombe un peu mais le film en lui même développe une vraie atmosphère. La bande son rock à souhait retransmet le contexte d'époque en utilisant brillamment des artistes des années 90 plutôt que d'époque. The basketball diaries est un film beau, noir comme de l'encre mais teinté d'une lumière rédemptrice, suffoquant mais plein d'émotion et de vie. Sa réalisation vieillissante est compensée par ses acteurs exceptionnels et une narration solide qui évite les clichés et les écueils malgré quelques plans inutiles. A voir et à revoir pour comprendre qu'un drogué est aussi un être humain, et que Leonardo DiCaprio n'a pas commencé à être doué en jouant pour Scorsese (pour ce dernier cas, voir aussi le sublime Romeo + Juliet).

Par Laurent B. le 5 mai 2010.

Dernières réactions sur The Basketball Diaries

Attention, il est possible que certains commentaires contiennent des révélations sur la fin du film "The Basketball Diaries" ou sur des éléments clés de celui-ci, donc prudence pour ceux qui n'ont pas encore vu The Basketball Diaries.

Ce film a 1 commentaire.


       Email

Votre réaction :