Critique du film Faubourg 36 (7 / 10)
DU BOULOT SUR LES PLANCHES
Comment concilier classicisme et constance, tout en évitant la redite ? Christophe Barratier réalise le grand écart et relève le pari haut la main avec Faubourg 36, qui fait suite au triomphe en salle des Choristes. Le metteur en scène retrouve ses comédiens fétiches (Maxence Perrin adorable avec son visage d’ange, Gérard Jugnot, Kad Merad), tout apportant un peu de sang neuf à son univers (Clovis Cornillac et la révélation Nora Arnezeder). Les seconds rôles ne sont pas oubliés pour autant, et plutôt bien écrits (mention spéciale à François Morel et sa passion pour les peintures opportunistes, en fonction de l’air du temps).
Le long-métrage se révèle un divertissement tout à fait honorable qui devrait séduire un public familial friand de ce genre de production de qualité, dans la veine que Monsieur Batignole. Un bel hommage au music-hall et aux artistes en général. Le contexte historique riche ne fait qu’apporter de l’épaisseur à l’ensemble. Possédant de grands moyens, le cinéaste nous ravit la rétine avec des décors rétros et chatoyants, dignes des productions hollywoodiennes des années 30, au charme fou. La caméra virevolte, les plans sont fluides. Possédant d’indéniables qualités, Faubourg 36 traine en longueur dans le dernier tiers, rajoutant une intrigue pesante. Dommage, d’autant que le travail de Tom Stern (chef opérateur de Clint Eastwood) sur la lumière confère au sublime (voir les scènes sur la neige et le toit).
Par zoom-Cinema.fr le 24 septembre 2008.


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