Secret de tournage du film Faubourg 36
Après Les Choristes, le nouveau film de Christophe Barratier
Christophe Barratier retrouve Kad Merad (auréolé du triomphe de Bienvenue chez les ch'tis) et Gérard Jugnot. Le réalisateur dirigera les deux acteurs après le succès phénoménal du film Les Choristes, 8,5 millions d’entrées rien qu’en France. Pour compléter la distribution : l’omniprésent Clovis Cornillac et Jean-Pierre Donnadieu. Pas de trace en revanche de Jean-Baptiste Maunier, héros des Choristes. Faubourg 36 raconte deux histoires en parallèle : trois potes, Jacky, Milou et Pigoil qui veulent rouvrir un ancien music-hall (Le Chansonia) laissé aux mains d’un homme d’affaires douteux, prénommé Galapiat (Bernard-Pierre Donnadieu). Avec en arrière-plan, un contexte historique riche, l’arrivée des congés payés et du front populaire.
28 millions d'euros de budget
Un long-métrage en tout cas au budget conséquent : 28 millions d’euros. Un soin tout particulier a été accordé aux décors, qui représentent à eux seuls un quart du budget ! Ces derniers ont été confiés à Jean Rabasse, déjà à l’origine de l’univers fantastique de La cité des enfants perdus. L’homme s’est inspiré des photos de Willy Ronis et Robert Doisneau. Faubourg 36, tourné à Paris et Prague, sortira sur les écrans de l’Hexagone le 24 septembre 2008. L’événement de la rentrée.
Dix ans de gestation
Le projet Faubourg 36 a mis presque dix ans à voir le jour. Christophe Barratier en raconte la genèse : "je me suis souvenu d’un projet de comédie musicale apporté chez Galatée Films, il y a plus de dix ans par Reinhardt Wagner, Frank Thomas et Jean-Michel Derenne. Ils cherchaient un scénariste et un metteur en scène. Avec Jacques Perrin, pour qui je travaillais à l’époque sur la production de Microcosmos, nous avons alors fait écrire plusieurs traitements mais ce n’était pas allé plus loin. Nous avons juste renouvelé les droits régulièrement. Le projet était là qui dormait... Je me suis souvenu de ces chansons, de l’univers qu’elles évoquaient, de l’époque à laquelle elles étaient reliées. Je me suis dit que j’allais pouvoir y mettre tout ce que j’aimais, à commencer par la musique. A l’été 2005, après la promotion des Choristes dans le monde entier qui m’a pris plus d’un an, je me suis attelé à Faubourg 36. Je m’y suis entièrement consacré, seul, refusant toutes les sollicitations dans les festivals, rencontres, projets, etc. J’ai pris les éléments qu’il y avait dans les chansons de Frank et de Reinhardt, me suis laissé porter par leurs histoires et suis rentré dans un long travail de documentation, Non seulement historique, mais aussi artistique avec les romans, les films de l’époque, les photos et la peinture. Petit à petit, tout est venu : les personnages, l’histoire d’amour, le petit théâtre menacé de fermeture, le décor de l’usine de blanchisserie, cette chronique de quartier, cette histoire d’un père t de son fils avec, comme toile de fond, cette fraternité et ces tensions latentes tellement symboliques de la période du « Front populaire".
Un travail sur la lumière
Disposant d'un budget conséquent, le réalisateur a souhaité s'entourer des meilleurs. Il a pû ainsi collaborer sur ce film avec Tom Stern, le chef opérateur de Clint Eastwood. Christophe Barratier, réalisateur : "non pas, comme je l’ai déjà lu, parce que je voulais me "payer" le chef op de Clint Eastwood...Les gens s’imaginent qu’on peut tout acheter ! Si Stern n’avait pas eu envie, si le projet ne l’avait pas intéressé, il ne serait pas venu. Ce que je cherchais, c’était une lumière contrastée, sculptée, avec de vrais parti-pris. J’avais beaucoup aimé ce que Tom avait fait de Mystic River, Million Dollar Baby, les nuances désaturées de Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima etc. Il y avait peu de chance qu’il accepte mais quand j’ai appris qu’il avait une maison dans le Gers, j’ai eu davantage d’espoir. Un américain Gersois ne peut pas être tout à fait mauvais ! Je l’ai appelé, il m’a demandé de lui envoyer le scénario. Vingt quatre heures plus tard, il me rappelait pour me dire qu’il adorait le projet et m’invitait à passer trois jours chez lui pour voir si on allait s’entendre. Je suis donc descendu chez lui. On a mangé du foie gras, bu de l’armagnac, et joué à la balle avec le chien. On a vu qu’on se plaisait bien".Par zoom-Cinema.fr le 24 septembre 2008.


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