Steak haché (5 / 10)
Parlant surtout de la vengeance et du machiavélisme plutôt que sur la folie psychopathe et l'horreur, jamais effrayant, Hannibal rising est en revanche joliment mis en scène musicalement, visuellement et narrativement, même si l'on n'esquive pas quelques clichés malheureux : fin ridicule, photographie traitée pour vieillir l'image et personnages caricaturaux permettant, grâce à des méchants coupables, de justifier qu'Hannibal les tue sans problème moral non plus pour le spectateur. Un peu facile.
La première heure est passionnante, on suit le parcours d'un honnête et crédible Gaspard Ulliel devenant un homme et acquérant la finesse d'esprit, l'intelligence, les réflexes, le masque manipulateur, et son gout grandissant pour le raffinement et la beauté des choses (même si sa relation fusionnelle avec Gong Li est un peu tarte),... La seconde l'est beaucoup moins : on vire à la croisade vengeresse rapidement expédiée, la relation Murasaki/Hannibal prend le même chemin, on l'envoie par dessus l'épaule pour aller plus vite, et ça vire au carnage final un peu idiot, avec fausse révélation fatale à la clé. Bref, par la suite, le film s'essouffle nettement. Bien moins bon que ne l'étaient le cultissime Silence des agneaux et le controversé mais bien foutu Dragon rouge. Hannibal rising dépendra de l'attente qu'il a généré : le spectateur curieux pourra y découvrir un honnête prequel un peu faiblard, le fan hardcore de la saga risquerait de trouver le film bien trop misérable pour oser porter concurrence aux oeuvres précédentes.
Par Laurent B. le 12 mai 2010.


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