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L'échange
Secrets de tournage

Affiche miniature du film L'échange Affiche du film L'échange
 


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Ciné : 12 novembre 2008

Genre : Drame.
Nationalité : Américain

Secret de tournage du film L'échange

Secret de tournage du film L'échange

Clint Eastwood prolifique


Clint Eastwood enchaine les films. Après le dyptique Lettres d'Iwo Jima et Mémoires de nos pères, le réalisateur a donc mis en scène L'Echange. Il dirige pour la première fois la star Angelina Jolie qui enchaine depuis quelques années grosses productions (Tom Raider, Mr and Mrs Smith, Wanted) et films d'auteurs (Un coeur invaincu). L'Echange a été présenté au festival de Cannes 2008, d'où il est reparti bredouille. Travaillant pied au plancher, Clint Eastwood a enchainé depuis avec le tournage de Gran Torino, qui sortira en 2009.

D'après une histoire vraie

Réalisé par Clint Eastwood, interprété par Angelina Jolie et John Malkovich, L'Echange est un drame émouvant et provocant, inspiré d’événements réels qui marquèrent en profondeur la ville de Los Angeles – l’histoire d’une femme courageuse et obstinée, qui mit en échec une police corrompue et aida par son combat à restaurer la dignité et l’égalité de tous face à la loi. Mars 1928. Un samedi matin, dans un quartier populaire de Los Angeles, Christine Collins, mère célibataire et standardiste, dit au revoir à son fils de 9 ans, Walter, et part au travail. De retour à son domicile, Christine est confrontée au pire des cauchemars : son enfant a disparu. Des recherches sont lancées tous azimuts, qui restent vaines : Walter s’est évanoui dans la nature, sans laisser de trace. Cinq mois plus tard, la police retrouve un garçon qui prétend être le jeune Collins. Elle le restitue à Christine, en présence d’une meute de journalistes et de photographes, convoqués pour donner un maximum de retentissement à ce bel exploit policier. Bouleversée et étourdie par ce remue-ménage, Christine se laisse convaincre de reprendre l’enfant, mais elle sait dans son for intérieur qu’il n’est pas Walter. Christine pousse les autorités à continuer les recherches, mais, dans le Los Angeles de la Prohibition, une femme seule qui conteste le système s’expose à de sérieux risques. Vilipendée, traitée de folle et de mère indigne, Christine trouve un allié en la personne du Révérend Gustav Briegleb, prêtre militant qui va l’assister dans son combat et ses recherches. Face à une police corrompue, qui doute de sa santé mentale, et à un public dubitatif, qui appelle de ses vœux un happy end, Christine poursuit sa quête obstinée. Au fil de cette odyssée, elle devient l’improbable héroïne et porte-drapeau des pauvres et des exclus, régulièrement victimes de la toute-puissante Police de L.A. La quête de Christine ne s’arrêtera pas avant qu’elle n’ait retrouvé son fils… ou que ceux qui se targuent de «Protéger et Servir» leurs concitoyens ne la réduisent au silence.

Une affaire parallèle


Une affaire parallèle, aussi troublante que l’énigme Walter Collins, émergea à cette époque : la ténébreuse affaire d’un charismatique tueur pédophile nommé Gordon Stewart Northcott (interprété par Jason Butler Harner), qui pendant des années soumit Christine à un cruel jeu du chat et de la souris. En 1928, le jeune Sanford Clark (Eddie Alderson), neveu de Northcott, fit venir la police au ranch de son oncle, situé près de Wineville (Californie), pour y constater une découverte macabre. Les enquêteurs déterrèrent sur place les restes de plusieurs enfants tués à la hache. Sanford jura que Walter figurait parmi eux, mais rien ne permet de le conclure. La suite de l’enquête sur la "ferme de l’horreur" permit d’expliquer certaines des dizaines de disparitions de jeunes garçons signalées dans la région. On découvrit que Northcott (24 ans) et sa mère, Sarah Louise Northcott, avaient enlevé, torturé et tué plusieurs jeunes garçons dans l’enceinte du ranch. Le tueur en série fut condamné et exécuté pour le meurtre de quatre garçons, mais on estime le nombre de ses victimes sensiblement plus élevé. Narcissique à souhait et décidé à se faire un maximum de publicité, le tueur multiplia jusqu’au bout les déclarations contradictoires sur le sort de Walter. Sa mère et complice fut condamnée à la réclusion à perpétuité à la prison de San Quentin.

Le tournage

Le scénario choc, "basé sur des faits réels", retint l’attention de Brian Grazer et Ron Howard, deux producteurs qui excellent à porter à l’écran des histoires vécues, et qui ont remporté d’immenses succès critiques et populaires avec American Gangster, Un homme d’exception, De l’ombre à la lumière et Apollo 13. "Travailler sur du concret a toujours été pour moi une expérience stimulante", observe Grazer. "J’aimais les thèmes de l’échange, je trouvais son contexte social fascinant – horrible à certains égards, mais captivant. L’authenticité des événements donnait à l’histoire un fort impact émotionnel.» Connaissant le goût de Clint Eastwood pour les histoires vécues, Grazer et Howard lui firent parvenir le scénario de l’échange sur lequel ils avaient pris une option. "Je l’ai emporté avec moi à Berlin, l’ai lu dans l’avion au retour, et l’ai beaucoup aimé", dit le réalisateur. "Sitôt rentré, j’ai appelé Brian et Ron pour leur donner mon accord. Ils m’ont appris qu’Angelina leur avait dit oui entre-temps. Elle sera formidable dans ce rôle", leur dis-je. Et c’est ainsi que le projet s’est monté – très vite et en toute simplicité. Le tournage fit une forte impression sur l’équipe et les comédiens, et tout particulièrement sur Jolie, qui se bat depuis des années pour la protection de l’enfance : "des films comme celui-ci, qui exigent de l’acteur un gros investissement, créent des liens forts sur le plateau. On pleure en chœur, on se met tous en colère et on passe le cap en se serrant les coudes. C’est comme un petit voyage où l’on partage les mêmes émotions, les mêmes expériences et où l’on devient très vite amis" Clint Eastwood conclut en paraphrasant la formule de James Cagney à ceux qui l’interrogeaient sur sa méthode : "plante-toi solidement sur deux jambes, regarde les gens droit dans les yeux et dis la vérité" – Une formule que Christine aurait pu faire sienne…S’il était en vie, Walter Collins aurait aujourd’hui 89 ans…

La reconstitution des années 20


Réalisateur de plus d’une trentaine de films, Clint Eastwood est connu sur les plateaux pour sa rapidité et son efficience. Il réduit délibérément le temps de répétition pour préserver la spontanéité et l’authenticité du jeu et n’a pas pour habitude de multiplier les prises. Cette approche, qu’apprécient uniformément ses interprètes, découle de ses propres préférences d’acteur : "Tout ce que je fais en tant que réalisateur se base sur ce que j’apprécie en tant que comédien", explique-t-il. "On acquiert une certaine expérience au fil des ans, on découvre qu’il arrivera toujours sur le plateau des choses imprévues, bonnes ou mauvaises, auxquelles aucune préparation ne fera jamais obstacle. Chaque tournage reste une expérience passionnante où l’on tente de donner vie à ce qui n’est encore qu’un petit tas de pages imprimées."

L’équipe et les acteurs savourent cette approche : "Clint est extraordinaire", dit Angelina Jolie. "Je pourrais faire son éloge pendant des heures. C’est un réalisateur d’une précision et d’une autorité sans faille, un leader qui estime à son juste prix chaque collaborateur et en tire le meilleur. Il est brillant. Je me verrais bien poursuivre toute ma carrière avec lui !" La production sillonna la Californie du Sud pour retrouver l’image de L.A. à la fin des années 1920 et au début de la décennie suivante. Les premiers repérages révélèrent l’étendue du problème : les anciens bâtiments d’époque ont été rasés, les rues ont été transformées en autoroutes et des quartiers entiers ont disparu – notamment celui qu’habitait la famille Collins (à l’est de l’actuel Chinatown). Cette zone est aujourd’hui méconnaissable. Le chef décorateur James Murakami (qui avait travaillé avec Eastwood et le directeur photo Tom Stern sur Lettres d’Iwo Jima) et le régisseur d’extérieurs Patrick Mignano réussirent à trouver des décors de banlieue intacts et appropriés à San Dimas, San Bernadino, Pasadena et autres localités. Le service déco finalisa les images tournées dans ces divers sites et construisit dans l’enceinte des Studios Universal les intérieurs de l’hôtel de ville et divers autres décors. Le superviseur effets visuels Michael Owens fut tout naturellement mis à contribution pour enrichir ce matériau visuel et recréer, par exemple, l’horizon de la ville et les trams rouges qui circulaient en nombre à l’époque. La production eut la bonne fortune de découvrir à San Dimas une enfilade de maisons bordées d’arbres, qui ressemblait à s’y méprendre au quartier des Collins. Les fameux tramways rouges qui roulaient de Pasadena à Santa Monica faisaient intimement partie du paysage local et se devaient de figurer à l’image. Par chance, celui du film possédait un moteur en état de marche et pu donc circuler durant le tournage dans les rues de Pasadena et Los Angeles.

La ferme sinistre de Northcott fut reconstituée aux abords de Lancaster, à quelque 100 kms au nord de Los Angeles, après que Murakami et son équipe se furent rendus sur les lieux des massacres. La production put utiliser l’hôtel de ville de L.A., fini en 1928. Il fut cependant nécessaire d’effacer les outrages du temps et d’occulter en post-production tout son environnement actuel : buildings, parkings, etc., de manière à lui rendre son apparence originelle. La chef costumière Deborah Hopper, qui a enchaîné récemment Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima, connaît chaque grand fournisseur de vêtements «vintage» de Los Angeles au Canada. Elle dut faire appel à tous ses contacts pour habiller le millier d’hommes, de femmes et d’enfants qui peuple le film. Des recherches supplémentaires n’en furent pas moins nécessaires pour vêtir la figuration dans le style caractéristique de la Dépression.

La garde-robe

La garde-robe du film L'Echange est des plus éclectiques, des uniformes en laine des policiers aux knickers et chaussettes longues des deux Walter. La mode féminine des années vingt est largement représentée. Elle privilégiait, dans toutes les classes sociales, une silhouette "chaste", des robes à taille surbaissée, des manteaux à cols de fourrure, des chapeaux «cloches» qui couvraient une bonne partie du visage et mettaient en valeur des cheveux courts et ondulés. Le décorum était assez rigide, le style le plus relax paraît aujourd’hui terriblement conservateur. Le travail très documenté de Deborah Hopper et ses recherches sur Christine facilitèrent grandement l’approche d’Angelina Jolie : "c’est en endossant le costume de Christine que j’ai commencé à me mettre dans sa peau. Ce style vestimentaire des années vingt est d’une étonnante douceur. Il vous rend vous-même douce et délicate, il vous masque, il vous protège de l’extérieur. Tout cela m’a beaucoup aidée." Christine Collins qui supervisait une équipe de standardiste parcourait chaque jour des centaines de mètres à l’intérieur des bureaux. Les photos la montrent juchée – en talons hauts! – sur une paire de patins à roulettes munies de longues lanières de cuir enserrant toute la cheville. Angelina Jolie dut donc maîtriser cette technique de déplacement pour le moins inattendue : "c’est une des choses les plus drôles que j’aie jamais eu à apprendre pour un film, et un bel exemple des trucs fous que les gens faisaient à cette époque."

Par zoom-Cinema.fr le 12 novembre 2008.

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