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L'Emmerdeur (2008)
Secrets de tournage

Affiche miniature du film L'Emmerdeur (2008) Affiche du film L'Emmerdeur (2008)
 


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Ciné : 10 décembre 2008

Genre : Comédie.
Nationalité : Français

Secret de tournage du film L'Emmerdeur (2008)

Secret de tournage du film L'Emmerdeur (2008)

Du cinéma au théâtre...et inversement !

Francis Veber est un réalisateur habitué au succès. Chacun de ses films a conquis le box-office, de La Chèvre en passant par Tais-toi ! et La doublure. Avec à chaque fois un personnage central, qui porte toujours le même nom : François Pignon. Ce dernier est incarné ici par Patrick Timsit. L'acteur donne la réplique à Richard Berry. Francis Veber porte donc à l'écran la pièce de théâtre L'emmerdeur, où jouaient déjà Richard Berry et Patrick Timsit. L'Emmerdeur avait déjà été porté à l'écran en 1973 par Edouard Molinaro, avec Lino Ventura et Jacques Brel dans les rôles principaux. Le scénario était signé...Francis Veber. Depuis longtemps, Francis Veber, déjà à l'origine de la pièce, rêvait d'un remake à sa façon du film d'Edouard Molinaro, reconnaissant qu'il n'avait pas cautionné totalement la manière dont son scénario avait été mis en images.

L'emmerdeur version 2008 sort pour les fêtes de fin d'année. Il devrait logiquement remporter un grand succès malgré des critiques assassines. Le long-métrage devra faire face à la concurrence de deux autres comédies françaises : Agathe Cléry d'Etienne Chatilliez avec Valérie Lemercier, et La guerre des miss de Patrice Leconte porté par Benoit Poelvoorde.

Différences

Francis Veber explique les différences entre L'emmerdeur et cette nouvelle version : "beaucoup de choses changent, en trente-cinq ans. Le tueur, dans la première version, arrivait à l’hôtel avec son fusil dans une valise. Aujourd’hui, avec la montée du terrorisme, c’est impensable. Quant à Pignon, il était représentant de commerce. Mais, à notre époque, avec le développement du Net et de la vente en ligne, la profession de VRP n’est plus ce qu’elle était. Pignon a donc changé de métier, il est devenu photographe de presse. Ce qui m’a intéressé dans ce changement, c’est que, maintenant, le tueur et le suicidaire ont tous les deux l’œil collé à un objectif – un appareil de photo pour l’un et un fusil à lunette pour l’autre. Mais Pignon n’a pas fait que changer de métier. Il a aussi évolué en profondeur. Il est devenu beaucoup plus ambigu, et je pense que de tous les Pignon que j’ai pu créer dans le passé, c’est lui le plus complexe. Parce que j’ai vu grandir son côté manipulateur. C’est devenu un homme qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Et qui ne tient pas compte des dégâts qu’il peut provoquer autour de lui. Il détruit d’abord le tueur, puis le psychiatre qui lui a pris sa femme, et enfin sa femme qui était prête à revenir avec lui.
Pignon-Timsit appartient à cette catégorie de personnages dont l’auteur a l’impression qu’ils lui échappent. Et pour moi, qui tente à l’écriture, d’être au maximum en contrôle, ça a été une surprise de me trouver en face d’un électron plus libre que ses prédécesseurs.
"

De la pièce de théâtre à la nouvelle version

Francis Veber, réalisateur, explique pourquoi il n'aurait pas mis en scène ce film si la pièce de théâtre ne l’avait pas précédé : "la pièce, fait partir du processus de maturation qui m’a amené à refaire ce film. On raconte que les Marx Brothers, avant de se lancer dans un tournage, commençaient par roder leurs gags sur scène pendant quelques semaines. On ne peut pas dire que cette méthode ne leur ait pas réussi. J’ai pour ma part adapté trois pièces de théâtre : La Cage aux Folles, Le Dîner de Cons et L’Emmerdeur. Et que ce soit Serrault, Villeret ou Berry et Timsit, j’ai vu tous les acteurs qui faisaient ce voyage de la scène à l’écran, arriver devant la caméra en sachant exactement où se plaçaient leurs effets. C’est un formidable luxe, quand on met en scène, d’avoir des interprètes qui ont dans les jambes, deux ou trois ans de répétition avant le premier tour de manivelle."

La manière de travailler de Francis Veber


Patrick Timsit explique comment il a travaillé avec Francis Veber : "Cinéma et théâtre ayant chacun leur mise en scène, le théâtre était une nouveauté pour moi. Avant L’emmerdeur, j’avais déjà joué des pièces, mais jamais dans des salles pleines en permanence pendant deux ans. Pour moi, le plaisir de faire mon entrée au théâtre était d’abord de retrouver mes partenaires et de les découvrir autrement. Richard Berryconnaît bien le théâtre et c’est un partenaire qui vous porte. Je n’hésitais pas à lui demander conseil. Travailler avec Richard et Francis Veber est un bonheur parce qu’il n’est pas question de fabriquer des personnages – ce que je ne sais d’ailleurs pas faire – ou d’inventer des gags, mais de nous en tenir à la vérité des sentiments. Nous étions aussi d’accord sur le fait de fixer ce que nous avions pu trouver. Pourtant, nous n’avons jamais eu l’impression de nous répéter en faisant chaque soir la même chose.
Tout a changé parce que les techniques sont différentes. Il y avait deux énormes bonheurs pour moi. D’abord, je n’étais plus obligé de porter la voix comme sur scène. On pouvait jouer, interpréter nos rôles dans l’intimité et la vérité. Et puis le public allait enfin pouvoir découvrir ce que je voyais sur scène et qui me faisait beaucoup rire : Richard Berry en gros plan ! Une des choses que l’on perd au théâtre, c’est la sensation frontale de ce type furieux qui fonce sur vous et qui peut vous tuer. Mon personnage joue avec les moustaches d’un tigre alors qu’il pense caresser un chat ! Je ne peux pas dire que me voir en gros plan soit un bonheur pour moi. La caméra est une loupe et les choses y sont à la fois vues et ressenties.
Francis est un maître en la matière.
Francis Veber est un metteur en scène qui dissèque chaque prise, pour voir ce qui peut être amélioré et rythmé en fonction de ce qu’il souhaite.
Il a en permanence cette volonté de rigueur qui donne l’assurance de bien raconter ce que l’on veut partager. C’est une discipline et un exercice très libérateur. Même si le doute rend parfois les choses difficiles, travailler chaque jour sur ce film était un plaisir. A chaque fois, Francis Veber vous rappelle la situation, et on jubile intérieurement, on a hâte d’interpréter nos personnages dans les situations qu’ils traversent. En plus, il était souvent difficile de ne pas rire...
"

Par zoom-Cinema.fr le 10 décembre 2008.

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