LE BON, LA BELLE ET LE TRUAND (6 / 10)
Très vite, le spectateur comprend l’attrait de ce Deuxième Souffle. Après Stupeurs et tremblements, Alain Corneau revient à la base. Soit le roman de José Giovanni. En ce sens, le long-métrage s’inscrit non comme un remake du film de Jean-Pierre Melville, mais plutôt comme un retour au source de l’oeuvre. Le cinéaste propose une version plus fidèle au roman que la précédente adaptation. Metteur en scène intelligent, doté d’une solide culture cinématographique, Alain Corneau utilise ses influences, plus ou moins marquées, au cinéma asiatique tout particulièrement. De la lumière tamisée et maitrisé à la Wong Kar-Waï (In the Mood for love) au ralenti tout droit sorti d’une production Johnnie To. Un film hybride et passionnant d’un point de vue esthétique.
Mais ultra-référencé soit-il, ce Deuxième souffle manque parfois d’humanité, sent le carton-pâte, se révèle alanguit par des scènes parfois interminables. Si le paquet cadeau se révèle attrayant, il constitue une semi-déception par le maniérisme dont il fait preuve et son montage qui manque de rythme (2 h 30 tout de même). Dommage pour les acteurs (Jacques Dutronc, Daniel Auteuil, Monica Bellucci, Eric Cantona) en roue libre. A noter tout de même la performance de Michel Blanc, jouissif commissaire, truculent à chacune de ses apparitions.
Par zoom-Cinema.fr le 24 octobre 2007.


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