Trous d'airs et turbulences (4 / 10)
Dommage. On espérait bien mieux de ce que la France voyait déja comme son Top Gun à elle. Cocorico, le soutien et la propagande de l'Armée de l'air qui a contribué au film pour relancer le morne intérêt que lui présente la jeunesse française n'aura pas suffit à faire voler cet appareil cinématographique de au ras des paquerettes. Le film n'est pas totalement raté, mais le scénar demeure un trou noir qui rend le film ridicule et souvent très américanisé, malgré des séquences aériennes sublimes, e vrai plus du film : la musique y est parfaitement liée et on se laisse porter. Les personnages ne sont pas trop mal portés bien que Cornillac et Magimel cabotinent à outrance, et la fin laisse propose quelques petits conclusions sympathiques, cela dit, c'est un peu trop rapidement expédié. Le véritable problème vient des constants excès du film dans sa réalisation et ses personnages, et là on reconnaît que c'est Pirès qui a réalisé le film : au lieu de proposer un véritable thriller militaire parsemé de dog-fights nerveuses, il confie le tournage aérien aux pilotes qualifiés pour, et ces magnifiques et envoutantes séquences aériennes à part, il massacre tout le reste du film avec des pilotes jeunes, virtuoses du manche, têtes brûlées, aux burnes en titane et qui se croient dans Top gun.
Car finalement, Les chevaliers du ciel, ce sont des mecs à qui on confie des appareils coûtant la peau des fesses, mais ça ne les impressionne pas, et qui font de jolis loopings avec, en se balançant des vannes qui sentent le vestiaire et en tombant les femmes comme des mouches grâce à des techniques de drague ayant fait leur preuve dans bien des navetons aériens (option beau ténébreux solitaire pour Magimel et style gros lourdeau rigolo pour Cornillac). Les auteurs peuvent être fiers d'eux : ils n'ont pas à rougir de la comparaison avec leurs homologues américains, ils font aussi mauvais. Scénario troué comme un gruyère, dialogues et gags au ras des pâquerettes, romance risible, rebondissements au rabais, finesse digne d'une chanson de salle de garde, esprit chevaleresque au petit pied, ce n'est pas le contexte terroriste ou le sérieux de certains acteurs (Torreton, bien loin de Tavernier) qui sauvent le film du ridicule auquel Pirès nous as habitué, et qui gagne, avec ce film repompant Top gun et Pearl Harbor (de la réa lourdingue aux profils psycho des persos) le titre officiel de "Michael Bay français". Reste de très jolis clips musicaux aux images ouateuses et vertigineuses, qui n'auraient pas mérité qu'on subisse pareil film pour pouvoir les contempler.
Par Laurent B. le 12 mai 2010.


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