Biographie
Née à Rochelle (Illinois) le 20 août 1956, Joan Allen a suivi ses études à la Northern Illinois University, de 1976 à 1978, puis à l'Eastern Illinois University, où elle prend goût aux planches. C'est au cours de cette période qu'elle participe, avec son ami John Malkovich, à la création de la légendaire Steppenwolf Company, au sein de laquelle elle se produit de 1978 à 1983. Elle connaît son premier succès à New York dans "And a Nightingale Sang", pour laquelle elle est couverte de prix. Lauréate du Tony Award pour sa création dans "Burn This", de Lanford Wilson, et de l'Obie Award pour "The Marriage of Bette & Boo", elle s'est également produite à New York dans "The Miss Firecracker Contest" et "The Heidi Chronicles", pièce pour laquelle elle fut sélectionnée au Tony et au Clarence Derwent Award.
Au cinéma, elle débute en 1985 dans Compromising Positions, comédie policière avec Susan Sarandon. Elle enchaîne ensuite avec une série de seconds rôles, sous la direction de cinéastes prestigieux. Francis Ford Coppola la fait tourner deux fois, en 1986 dans Peggy Sue s'est mariée puis, en 1988, dans Tucker, où elle est l'épouse de Jeff Bridges. Michael Mann la fait ensuite participer à l'intense Le Sixième sens, adaptation de "Dragon rouge" injustement méconnue, où Hannibal Lecter apparaît pour la première fois sur grand écran.
Enfin, le vétéran Norman Jewison lui confie le rôle de la mère d'Emily Lloyd dans Un héros comme tant d'autres, touchante chronique sur l'après-Vietnam portée par un Bruce Willis surprenant en vétéran meurtri. Mais il faut attendre Nixon,pour voir le talent de Joan Allen célébré : son interprétation toute en retenue de Pat Nixon lui vaut sept grand prix, dont le National Society of Film Critics Award, et sa première citation à l'Oscar du meilleur second rôle.
Un an plus tard, Joan Allen sera à nouveau citée aux Oscars ainsi qu'aux Golden Globes pour son rôle d'Elizabeth Proctor, la femme de Daniel Day Lewis victime de La chasse aux sorcières, orchestrée par Nicholas Hytner. On l'a revue ensuite dans Volte/Face puis dans Pleasantville, où sa classe fait une fois encore des merveilles en épouse qui s'éveille – en couleur – aux sentiments. Avec Manipulations, elle décroche enfin un premier rôle (une femme politique aux prises avec la calomnie) à la hauteur d'une carrière discrète mais racée.