Critique du film Chronique d'un scandale (8 / 10)
SECRETS ET MENSONGES
Difficile de résister au script impeccable de Chroniques d’un scandale. Basé sur le roman de Zoë Heller, le long-métrage offre un scénario solide et une intrigue prenante, où le machiavélisme tient une place de choix. L’efficacité de l’histoire se révèle remarquablement servi par une mise en scène au cordeau. Jamais racoleur pour autant, Chronique d’un scandale dépeint avec brio une société anglaise où l’hypocrisie se révèle une seconde nature. Les deux actrices principales, dont le talent n’est plus à prouver, viennent parachever cette histoire, où une tension extrême règne de bout en bout. Cate Blanchett, Judi Dench, un duo de maître, deux actrices brillantes, pour une prestation aussi intense qu’Helen Mirren dans The Queen de Stephen Frears.
Prenez une Judi Dench aigrie, une Cate Blanchett bohème, un Billy Nighy trahi, une révélation britannique nommée Andrew Simpson, ajoutez-y une trame prenante et vous obtiendrez le dernier Richard Eyre, (stage beauty) Chronique d’un Scandale. Judi Dench excelle dans son rôle de vieille professeure approchant de la retraite, rongée par la solitude et l’envie ; l’envie de posséder les amis qu’elle n’a pas, de régir leur vie, l’envie qu’ils l’aiment. Cate Blanchett, elle aussi, nous livre une interprétation parfaite de jeune « bourgeoise-bohème » qui se laisse porter par une pulsion charnelle envers un de ses élèves. Ce qui la conduira tout droit en enfer. Le réalisateur arrive à amener son spectateur à éprouver de la haine, du mépris envers le personnage de Judi Dench. Dans la saga "James Bond" on la connaît sous les traits d’une femme de poigne, M, patronne des services secrets britanniques, ou encore en retraitée sous le charme de Daniel Brühl dans « les Dames de Cornouailles ». Dans chronique d’un scandale, on la retrouve donc dans le rôle d’un personnage dur à aborder, et qu’elle métrise avec brio. Billy Nighy, génialissime dans la peau d’un l’ex leader des ‘charts’ dans Love Actually, joue ici un époux humilié par sa jeune épouse. Une jolie performance où il nous touche. En ce qui concerne Andrew Simpson, l’inconnu au bataillon, on lui souhaite de nombreux films. Son talent précoce et son aplomb devraient lui permettre de réussir.
Tiffany
Par zoom-Cinema.fr le 28 février 2007.


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