Critique du film Inside man - l'informateur (8 / 10)
BRAQUAGE A L'AMERICAINE
Après la semi-déception de la 25 ième heure, Spike Lee se refait une santé avec son premier film de commande. Histoire, selon le metteur en scène de Malcom X, de pouvoir financer des projets plus personnels. Malgré un cahier des charges qui lui impose un certains nombre de restrictions, le réalisateur a le talent d'inclure ses thématiques personnelles, et sa vision du monde, dans cette grosse production. Du jamais-vu depuis John Woo avec Mission Impossible 2. Soit au final et en vrac, une vision plutôt pessimiste de d'une Amérique post-11 septembre, où les rapports humains se révèlent houleux (juifs, noirs et blancs, pour ne pas les citer). Sans omettre, les tensions entre hommes et femmes. Témoin Denzel Washington, se faisant traiter de « Monsieur Gros paquet », par son épouse. Le ton est donné. Inside Man, avec un casting impeccable (excellente Jodie Foster), demeure un long-métrage éminemment malin, tout comme le fût Ocean's Eleven, en son temps. Plaisant à voir, il offre également plusieurs degrés de lectures, pour le spectateur qui voudra bien faire l'effort de décrypter les intentions du cinéaste. Le réalisateur dynamitant, comme son personnage central, les conventions de l'intérieur du système hollywoodien. En ce sens, Spike Lee offre une vision plutôt juste d'une société en proie aux discriminations (fugaces allusions) et divisée. Reste un divertissement d'une incroyable inventivité, haletant. Et virtuose : le retour de situation final, avec promesse prémonitoire ("je sortirai par la porte dentrée") laissera bouche bée, même le plus blasé des spectateurs. Ce dernier, repensera à l"ensemble, bien des heures et de jours après, avec la conviction d'avoir vu un très grand film.
Par zoom-Cinema.fr le 12 avril 2006.


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