LE RÔLE DE SA VIE (8 / 10)
Il demeure étonnant au regard de sa vie si romanesque et parsemée d’embuches, que la vie d’Edith Piaf n’ai pas été portée plus tôt à l’écran. Une attente justifiée au regard des nombreuses qualités de La Môme. Vaste projet, dont la grande réussite doit autant à la prestation de Marion Cotillard que la mise en scène ample.
A l’instar de Ray avec Jamie Foxx (les passerelles entre les deux artistes demeure évident, de la cécité à l’usage des paradis artificiels pour s’échapper d’une réalité morne), Olivier Dahan donne toutes les clés pour comprendre les évènements qui ont construit la personnalité de cette grande dame de la chanson française. Seul regret, la première partie consacrée à l’enfance trop longue, tel Jacquou le Croquant, ampoule quelque peu l’ensemble.
Unique reproche pour ce long-métrage par ailleurs, réalisé de main de maître (hallucinant plan-séquence lorsque Piaf apprend la mort de Marcel Cerdan). Le cinéaste dynamite les conventions, en déstructurant le récit, choisissant délibérément de ne pas suivre une construction linéaire pour son histoire. Le montage n’en devient que plus éclairant, dressant des parallèles entre différentes périodes de sa vie. Dans le rôle titre, Marion Cotillard offre la prestation la plus intense et vertigineuse qu’il nous ait été donné de voir depuis celle de Leonardo DiCaprio dans Aviator. Le rôle de sa vie assurément. Repoussant les limites, transcendant son personnage, la comédienne se révèle tout simplement saisissante de vérité. Bien au-delà de la ressemble physique grâce à l’usage du latex, l’actrice a adopté le ton la voix, la gouaille et les postures d’Edith Piaf. Dans son sillage, une belle galerie de personnages secondaires Mention spéciale à Jean-Paul Rouve en père admiratif et Pascal Gregorry, amoureux transi, tout en retenue.
Par zoom-Cinema.fr le 14 février 2007.


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