EXTENSION DU DOMAINE DE LA LUTTE (8 / 10)
Après le fade mais néanmoins engagé Amen, le spectateur retrouve avec plaisir la verve de Costa-Gavras. Le réalisateur nous livre ici une réflexion sur un fléau contemporain. Sans jamais juger son héros, mais en posant mille et une questions : jusqu'où peut-on aller pour trouver du travail ? Pourquoi la société est gangrenée par le chômage ? Quels sont les impacts sur les proches ? Le couperet fourmille de question sans nécessairement apporter de remèdes. Ce qui n'empêche pas de voir la dégradation du personnage, rongé par l'intérieur, prêt à tout retrouver sa dignité. Voilà l'essentiel du message. Le cinéaste exploite à fond les possibilités et la face noire de José Garcia, jusqu'à présent uniquement révélée dans Extension du domaine de la lutte de Philippe Harel . Faisant même accepter dans une certaine mesure la logique de sa démarche somme toute folle. Karin Viard, dans un second rôle plus convaincant, incarne à merveille l'épouse inquiète et attentionnée à la fois que nous avons croisé un jour ou l'autre. Reste toute de même quelque longueurs : le film aurait gagné en impact avec une accélération du rythme sur les meurtres, sur lesquels Costa-Gavras s'attarde trop. Seul bémol pour un long-métrage en tout point pertinent, sur un sujet difficile.
Par zoom-Cinema.fr le 2 mars 2005.


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