Le seigneur des anneaux : Les deux tours
Secrets de tournage

Affiche miniature du film Le seigneur des anneaux : Les deux tours Affiche du film Le seigneur des anneaux : Les deux tours
 


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Ciné : 18 décembre 2002

Genres : Aventure, Fantastique.
Nationalité : Américain

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Secret de tournage du film Le seigneur des anneaux : Les deux tours

Secret de tournage du film Le seigneur des anneaux : Les deux tours

Le cas Peter Jackson

Y-a-t-il ne serait-ce qu'un seul être humain sur cette planète qui se soit dit, après vision de Bad Taste en 1988, que son réalisateur Peter Jackson tournerait un jour l'adaptation du Seigneur des Anneaux ? Si cette personne existe, je veux la rencontrer. C'est un devin. Ou même mieux, tiens. Un Dieu. Reprenons dans l'ordre. Alors que ses semblables occupent leur week-end à entretenir leurs maisons ou à aller pique-niquer avec des amis, un Néo-Zélandais pas encore trentenaire tourne dans des conditions très underground un film gore au mauvais goût revendiqué. Remarqué au marché du film de Cannes, Peter Jackson remet le couvert l'année suivante avec The Feebles, parodie hardcore du Muppets Show, puis Brain Dead en 92. En 94, Peter Jackson obtient un succès critique plus que mérité avec Heavenly Creatures, film tiré d'une histoire vraie avec Kate Winslet pas encore titanisée. C'est à cette période que lui vient l'idée d'adapter Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien.

200 millions de lecteurs

Né en 1892 en Afrique du Sud, Tolkien fut lexicographe puis professeur de langue et de littérature anglaise à Leeds et Oxford. Passionné de mythes et légendes nordiques, le professeur se laisse aller un soir de correction sur la copie d'un de ses élèves. Il écrit cette petite phrase : "dans un trou à même le sol vivait un hobbit". En 1937, on retrouve cette phrase en ouverture de Bilbo le Hobbit, roman d'aventure médiévale-fantastique que l'auteur destine avant tout aux enfants. Ce n'est que bien plus tard que Tolkien publie la suite de ce livre, en 1954, avec La Communauté de l'Anneau, premier volet de ce qui allait devenir l'incontournable trilogie du Seigneur des Anneaux. oeuvre d'une richesse difficilement égalable, Le Seigneur des Anneaux sera lu par 200 millions de lecteurs à travers le monde.

Peter Jackson était l'un d'eux dans sa jeunesse. Il a lu Le Seigneur des Anneaux après avoir vu l'adaptation animée réalisée par Ralph Bakshi en 78, jugée décevante sur bien des points (comme le fait de ne pas rendre justice à l'oeuvre de Tolkien et celui de s'arrêter en cours de route narrative). Enthousiasmé, il se dit que cela ferait un film formidable et attend impatiemment que quelqu'un franchisse le pas. Plusieurs metteurs en scène se sont intéressés à la chose. Stanley Kubrick notamment, qui songeait faire jouer les quatre hobbits par les Beatles (!). John Boorman a également travaillé à une adaptation avant de jeter l'éponge, tout comme le chanteur Sting (une oeuvre plus rock n'roll qu'il n'y paraît ?. En 94, donc, Peter Jackson commence à se renseigner sur les droits d'adaptation du Seigneur des Anneaux. Ceux-ci sont plus ou moins vacants. Le réalisateur garde donc son idée sous le coude et tourne un nouveau film fantastique avec Michael J. Fox, Fantômes contre fantômes. Bide commercial mais nouveau succès critique et enthousiasme du côté des amateurs du genre. La même année (96), Peter Jackson réalise un faux documentaire sur un imaginaire et néo-zélandais génie et précurseur du cinéma.

Diffusé à la télévision néo-zélandaise à l'occasion du centenaire du cinématographe, Forgotten Silver fonctionne beaucoup mieux que prévu puisque tout le monde le prend pour un authentique document. Parallèlement, Peter Jackson démarche les studios pour monter Le Seigneur des Anneaux. Miramax est intéressé mais un petit détail va coincer. Pour restituer convenablement l'incroyable richesse de l'oeuvre initiale, il faut tourner trois films, selon un découpage calqué sur celui du livre (sorti en trois tomes). Or Miramax n'est partant que pour un film. Peter Jackson se tourne alors vers New Line qui se laisse convaincre. Tout s'enchaîne alors comme dans un rêve, une véritable fantasy : en parfait accord avec les héritiers de Tolkien (qui gèrent son "patrimoine"), New Line rachète les droits du Seigneur des Anneaux et laisse Peter Jackson mener le projet comme il l'entend, alors que celui-ci n'a pas le moindre succès commercial à son actif ! Mais lorsqu'on y réfléchit bien, ce pari relève pourtant d'un bon sens implacable. D'une part parce que Peter Jackson est un fan du Seigneur des Anneaux. Mais surtout, et ses films en sont la preuve, parce qu'il est un authentique réalisateur de films fantastiques, doublé d'un véritable auteur. Un amoureux du genre qui ne se serait pas lancé tête baissée dans une telle entreprise pour accoucher d'un ratage ou d'une blague de potache gore. Premier signe encourageant, Peter Jackson visite avant de s'atteler à la tâche 500 sites Internet de fans de Tolkien afin de déterminer ce qu'ils attendent prioritairement d'une adaptation cinématographique.

 

Le casting

Début 1997, l'écriture du script commence en compagnie de Fran Walsh, la compagne de Peter Jackson déjà co-scénariste de ses précédents films. Vient ensuite le moment du casting. Dès le début, tout le monde tient pour acquis la participation de Sean Connery dans le rôle de Gandalf. Il ne s'agit que d'une rumeur lancé par les fans, apparemment tous d'accord sur l'interprète de James Bond et du père d'Indiana Jones. Du coup, l'acteur se déclarera intéressé et ira même jusqu'à proposer ses services au cinéaste. Pensant qu'un acteur trop connu risquerait fort de "tuer" le personnage, Peter Jackson refuse et préfère confier ce rôle clé au très shakespearien Ian McKellen.


Pour interpréter l'autre magicien de la saga, Peter Jackson n'a qu'une seule idée en tête : Christopher Lee, le mythique interprète de Dracula à l'âge d'or de la Hammer. Pour l'acteur britannique, c'est un véritable miracle. Depuis longtemps réduit à des caméos dans des productions horrifiques fauchés, le comédien avait lu Le Seigneur des Anneaux dès sa parution originale et avait même rencontré J.R.R. Tolkien en personne. ee se prend alors à rêver du rôle de Gandalf, mais les nombreuses cascades imposées par celui-ci l'oblige à renoncer, étant donné son âge quelque peu avancé. Autre rôle pour le moins fondamental, celui de Frodo, le porteur de l'anneau.
Peter Jackson avait décidé d'attribuer les rôles des hobbits à des acteurs anglais. Des castings géants sont organisés et le réalisateur penche un temps pour Dominic Monaghan. Dans le même temps, l'Américain Elijah Wood apprend l'existence du projet et, bien que n'ayant jamais lu le livre en entier, tourne une vidéo sur laquelle il se prend pour Frodon. La cassette est envoyée à Peter Jackson qui, en le visionnant, a une sorte de révélation : Elijah Wood est Frodo. Dominic Monaghan récupère donc le rôle de Merry.
Dernier rôle crucial, Aragorn. Le premier choix de Peter Jackson se porte sur l'acteur irlandais Stuart Townsend, qui accepte en étant persuadé de ne pas être l'homme de la situation. Le comédien est en effet assez jeune par rapport à l'âge qu'est censé avoir le personnage. Peter Jackson, lui, est convaincu que ça marchera à l'écran. Le reste du casting ne compte pas de véritables stars, mais des comédiens solides qui correspondent physiquement parfaitement aux rôles qui leur sont attribués (Cate Blanchett, John Rhys Davis, Ian Holm). La seule exception vient de Liv Tyler.

Un tournage, trois films

Après des mois de préparation, le tournage débute à l'automne 1999. Deux particularités de taille sont à noter : il s'effectuera intégralement en Nouvelle-Zélande, dont les paysages constituent des décors idéals pour recréer la Terre du Milieu imaginée par Tolkien ; et surtout, les trois films de la trilogie seront tournés en même temps. Avec les épisodes 2 et 3 de Retour vers le Futur, Robert Zemeckis avait déjà tenté une expérience similaire (que les frères Wachowski ont repris pour boucler leur trilogie Matrix), mais Peter Jackson est le premier à tourner trois films en simultané. Résultat, quinze mois de travail pour les six (!) équipes du film. Quinze mois et quelques épisodes fameux. Très vite, Stuart Townsend est écarté du projet. Peter Jackson  s'est rendu compte que son choix n'était pas bon et fait alors appel à Viggo Mortensen. Celui-ci n'a jamais lu Le Seigneur des Anneaux. Qu'à cela ne tienne, ça lui fait une lecture toute trouvée pour l'avion qui l'emmène en Nouvelle-Zélande.

L'acteur va s'impliquer à fond dans le rôle, effectuant lui-même toutes ses cascades. Du côté des fans, on s'inquiète de l'importance que donne le scénario au personnage d'Arwen joué par Liv Tyler. Très secondaire dans le livre, le rôle a été sensiblement développé par les deux scénaristes féminines du film, Fran Walsh et Philippa Boyens. Il faut dire que le livre n'est pas très généreux en terme de personnages féminins. Au cours du tournage, Elijah Wood et Sean Astin, qui jouent les inséparables Frodo et Sam dans le film, deviennent les meilleurs amis du monde. Peter Jackson n'oublie pas de s'offrir un caméo (comme Hitchcock, il apparaît dans chacun de ses films) et à la fin, tous les acteurs se font tatouer le chiffre neuf (comme les neuf compagnons de l'anneau) écrit en elfique. Elijah Wood, enfin, s'est vu offrir par Jackson et sa compagne l'exemplaire de l'anneau maléfique qui servit durant le tournage du film. La Communauté de l'Anneau ayant engrangé 857 millions de dollars dans le monde, le pari est déjà largement gagné.

Nouveaux personnages

Au programme du nouveau volet intitulé Les Deux Tours, la bataille du gouffre d'Helm, l'apparition d'un homme-arbre matérialisé par un animatronic de cinq mètres de haut, plus d'Andy Serkis dans le rôle "numérique" de Gollum et de nouveaux personnages. Et qui dit nouveaux personnages dit nouveaux acteurs. Soit Bernard Hill dans le rôle de Théoden, roi de Rohan sur le déclin, Brad Dourif dans celui de Langue de Serpent, serviteur de Saroumane, David Wenham dans la peau de Faramir, frère de Boromir et Miranda Otto pour incarner Eowyn, nièce de Théoden.

Une source d'influences

Signalons pour terminer que l'oeuvre de Tolkien a été une source d'inspiration considérable pour de nombreux auteurs de romans, bandes dessinées, films. On retrouve son influence dans des oeuvres a priori aussi éloignées que Star Wars, Final Fantasy VI (le jeu) ou encore Dragon Ball (le manga). Des jeux vidéo ont été directement adaptés du livre de Tolkien. The Lord of the Rings d'Interplay sur Super NES était un pseudo Zelda raté et qui s'arrêtait (faut quand même le faire) à la rencontre avec Galadriel. Tout récemment, deux jeux sont sortis à l'approche des Deux Tours au cinéma (un hasard, sans doute) : Les Deux Tours d'Electronic Arts, jeu d'action qui reprend les scènes des deux premiers films et La Communauté de l'Anneau de Vivendi Universal, jeu d'aventure mou du genou adapté du roman. Une adaptation de Bilbo le Hobbit est par ailleurs prévue sur Nintendo Game Cube.

En attendant, Le Seigneur des Anneaux : les Deux Tours va devoir affronter son désormais rival annuel : Harry Potter et la chambre des secrets. La guerre des sorciers se poursuit désormais sur grand écran...

Par zoom-Cinema.fr le 18 décembre 2002.

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