Critique du film Molière (8 / 10)
FANTAISIE EN MODE MAJEUR
Décidément, les adaptions très libres de vies ou biographies demeurent à la mode. Molière sort la même semaine que L’île aux trésors d’Alain Berbérian avec Gérard Jugnot, Alice Taglioni et Jean-Paul Rouve. Une autre comédie déjantée, laissant libre court à l’imagination et une relecture habile de l’œuvre de Stevenson. Après Mensonges et Trahisons, Laurent Tirard s’attaque lui à la vie de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière. Mais loin d’une biographie simple et littérale, le metteur en scène a préféré se concentrer sur un épisode précis de sa vie, lorsque l’auteur de pièce de théâtre a disparu plusieurs mois. Un parti-pris louable, pour un long-métrage au final particulièrement réussi…On pense bien sûr à Shakespeare in Love, autre long-métrage balayant les influences d’un auteur, avec l’interrelations entre vie professionnelle et privée. Une approche tout aussi légère et grand public, bien loin du classicisme de la bio d’Ariane Mouchkine avec Philippe Caubère. Fabrice Luchini et Edouard Baer, tirent plutôt bien leur épingle du jeu, surclassés de loin cependant par un Romain Duris impérial. En témoigne la scène de l'imitation des chevaux proprement hallucinante. Une belle réussite, avec des répliques mordantes, d’autant que ces dernières demeurent déclamées par deux champions du verbe. Une véritable délectation. Le tragique le dispute donc au rire, aboutissant à un résultat final réjouissant. Le plaisir évident des acteurs transcendent ce film au titre éminemment trompeur.
Par zoom-Cinema.fr le 31 janvier 2007.


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