Critique du film Astérix et Obélix contre César (4 / 10)
LE MEPRIX
Sans doute échaudés par les précédentes tentatives de donner vie à d'aussi illustres héros de bande-dessinée Tintin et Lucky Luke, Claude Berri et Claude Zidi ont mis un soin tout particulier à coller à la BD de René Goscinny et Uderzo. Sur ce point, le pari est gagné. La ressemblance demeure stupéfiante entre les personnages que l'on voit sur le papier et à l'écran. Astérix (Christian Clavier), Obélix (Gérard Depardieu), César, Panoramix, Abraracourcix : personne ne manque à l'appel. Astérix et ses complices gaulois prennent vie et passent le cap de la troisième dimension. Passé se constat, le spectateur ne peut être que dépité devant un script inexistant et un rythme faiblard. Les aventures des deux héros ne tient pas la route et restent séparés un peu trop longtemps .
Pour contrebalancer cette carence, Claude Berri et Claude Zidi se sont investis et ont investi, dans le cas du producteur Claude Berri) dans des effets spéciaux efficaces et un casting international et multi-générationnel. A l'écran, les Romains sont envoyés de manière jouissive aussi haut et fort que dans la bande-dessinée. La séquence de la fosse aux serpents, mais aussi des mygales, crocodiles et autres éléphants est particulièrement efficace. En ce qui concerne le casting à proprement parler, c'est un sans-faute, excepté Christian Clavier qui interprète Jacqouille chez les Gaulois et rend le personnage d'Astérix, antipathique en forçant sur le côté teigneux.
Gérard Depardieu une fois de plus formidable en Obélix (mais est-il encore utile de la préciser ?), Roberto Bégnini traître immanquable, le malheureux Caius Bonus incarné par un Jean-Pierre Castaldi au mieux de sa forme ou encore Gottfried John incarnant César tout droit sorti des albums. Quel gâchis donc qu'un scénario anémique vienne anéantir le moindre plaisir. Claude Zidi avait tous les cartes en main et les moyens à sa disposition pour réaliser non pas un chef-d'oeuvre, mais un divertissement familial et plaisant. Mais le réalisateur des Ripoux 3 n'arrive pas à transcender son sujet, à contrario d'Alain Chabat avec Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. De toute évidence il s'est laisser déborder par l'ambition du projet, faisant du tout non pas une oeuvre, mais une véritable pompe à frix. Bref, pour le spectateur, c'est encore et toujours le méprix .
Par zoom-Cinema.fr le 3 février 1999.


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