Critique du film Ne le dis à personne (8 / 10)
LA MEMOIRE DANS LA PEAU
Mon Idole, son premier long le laisser augurer. Ne le dis à personne le confirme en enfonçant largement le clou : Guillaume Canet demeure un bien meilleur réalisateur qu'acteur. Totalement libéré de ses complexes face au grand frère américain depuis 36, quai des Orfèvres d'Olivier Marchal (qui tient d'ailleurs un rôle dans ce film), le cinéma hexagonal s'affranchit de cette tutelle pour proposer des oeuvres ambitieuses. Dans la lignée de La mémoire dans la peau, Le fugitif et La Mort aux trousses, le cinéaste se révèle à l'aise dans une mise en scène ample, qui alterne scène intimiste, caméra à l'épaule et grandes cascades (impressionnante scène sur l'autoroute). Malin, Guillaume Canet adapte le roman d'Harlan Coben, Tell No One avec un talent évident, désarmant le spectateur avec des contre-emplois pour le moins surprenants : Gilles Lellouche et Jalil Lespert en racaille. Jean Rochefort et André Dussolier au passé trouble. Kristin Scott-Thomas hilarante en lesbienne, Nathalie Baye et sa classe. Le metteur en scène frappe très fort.
Quelques points viennent hélas quelque peu freiner notre adhésion totale : une fin alambiquée, décidément une spécialité hexagonale après Les rivières pourpres de Mathieu Kassovitz. Des scènes un peu trop gore, qui en oublient l'ellipse à la Alfred Hitchcock. Et l'usage d'internet abusif, véritable pub géante pour Yahoo, de surcroit sans doute désuet dans quelques années. De bien petites réserves, pour une fiction en tous points emballante et brillante.
Par zoom-Cinema.fr le 1 novembre 2006.

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