Critique du film Un homme d'exception (4 / 10)
CONTE DE LA FOLIE ORDINAIRE
Du "Grinch" en passant par "Truman Show", Ron Howard a toujours affectionné les personnages en marge de la société. Son dernier film ne fait pas exception. L'histoire d'un mathématicien de génie, John Nash, atteint de paranoïa schizophrénique. Rien ne lui est alors épargné : traitement de choc, remissions jusqu'à la rechute. Epaulé par sa femme, le dingo guérit et obtient même un Prix Nobel en sciences économiques. Attirant au passage l'attention d'un producteur, associé de Ron Howard, qui voit John Nash un excellent prétexte d'un film à Oscars.
Si Un homme d'exception risque en effet de récolter un grand nombre de statuettes, il ne brille en revanche pas par son originalité. Seule bonne idée du film : s'immiscer dans le cerveau malade de Nash. Mais ce procédé trahit par la même occasion les limites d'un réalisateur qui prend les spectateurs pour des benêts (les étoiles qui forment un parapluie). Sa mise en scène insipide et ses effets lourdingues demeurent pour le moins agaçants. Ajoutez à cela un montage quasi-inexistant, étirant péniblement la durée du film à plus de 2 h 30, alors qu'"Un homme d'exception" aurait pu être amputé d'une demi-heure, bon poids. L'éventuel potentiel émotionnel de l'histoire s'évente ainsi très rapidement : Ron Howard esquive tout l'aspect imaginaire qui aurait pu faire le charme de l'ensemble.Heureusement les acteurs vont à contre-courant de ce classicisme ambiant : Russell Crowe est une fois de plus impeccable.
Quoique. Son interprétation n'est pas sans rappeler celle de Dustin Hoffman dans "Rain Man". Ici, le jeu de Russell Crowe est "pensé", tout est calculé en terme de "performance". S'il parvient à restituer la complexité de son personnage, on regrettera en revanche les artifices mis en place (maquillage notamment) afin de produire une véritable "prouesse", en ayant ainsi en tête la volonté de décrocher un Oscar. Sans déguisement en revanche, Jennifer Connelly ne se laisse jamais écraser par son partenaire. Bien loin de ses rôles décoratifs auxquels les réalisateurs l'ont cantonné (excepté dans "Requiem for a dream"), elle apparaît tout simplement radieuse. Une femme d'exception en quelque sorte. La vraie révélation du film.
Par zoom-Cinema.fr le 13 février 2002.

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