Secret de tournage du film L'Affaire Farewell
Retrouvailles :
C’est pour le tournage du film Joyeux Noël en 2005, que le réalisateur Christian Carion travaille pour la première fois avec l’acteur-réalisateur Guillaume Canet. Avec ce film, le réalisateur retrouve l’acteur 4 ans après. Ceci c’était déjà remarqué entre les 2 premiers films du réalisateur, avec l’acteur Michel Serrault dans les films Une hirondelle a fait le printemps et Joyeux noël.
Le travail qui monte, qui monte :
En effet, peu connu du grand public lorsqu’il sort Une hirondelle a fait le printemps, Christian Carion doit d’abord se faire les mains dans ce métier avant de s’attaquer à des films de plus grande envergure. Lorsqu’on le sent près, celui-ci tourne Joyeux Noël, une fresque historique basée sur des faits réels. 4 ans plus tard, il revient avec une nouvelle partie de l’histoire mise sur grand écran, également véridique, ce déroulant pendant la guerre froide, l'Affaire Farewell.
ED
Changement de registre
Christian Carion va-t-il réussir la passe de trois ? Ses deux premiers films ont été de grands succès populaires, dans des registres différents. Une hirondelle a fait le printemps jouait la carte de l'émotion et mettait en scène un beau duo Mathilde Seigner/Michel Serrault. Joyeux Noël avait bénéficié d'un excellent bouche à oreille, porté par un casting hétéroclite : Dany Boon, Diane Kruger et Guillaume Canet. L'affaire Farewell lui permet de retrouver ce comédien/réalisateur. Farewell est aussi l'occasion pour le cinéaste de changer de registre, une fois encore. Aux côtés de Guillaume Canet, Niels Arestrup, décidément très présent sur grand écran en cette rentrée 2009 (Un prophète). On le reverra dans Pour solde de tout compte. Au générique également : le cinéaste et comédien Emir Kusturica. Sélectionné lors du festival de Cannes 2008 pour son documentaire sur Maradonna, il va mettre en scène une biographie sur Pancho Villa. C'est la première fois qu'il accepte de jouer dans un film après plus de 9 ans d'absence. Son dernier long-métrage en tant que comédien étant La veuve de Saint-Pierre. Enfin notons la présence de William Dafoe, comédien capable de passer du film d'auteur (Antichrist de Lars Von Trier) à la grosse production (Spider-Man où il incarnait le Bouffon vert).
Un peu d'Histoire
En avril 1983, une petite bombe éclate dans la presse française : on apprend que François Mitterrand, président de la République, vient de faire expulser 47 officiers des renseignements soviétiques. L’affaire Farewell, l’une des plus stupéfiantes histoires d’espionnage de la Guerre Froide vient de trouver son épilogue. Elle va contribuer à changer les grands équilibres nés à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale. Au début des années 80, la Guerre Froide est entrée dans une nouvelle ère de glaciation qui rappelle les années 60 et la crise des missiles de Cuba. Aux États-Unis, l’élection de Reagan (en 1980) a ravivé l’animosité entre les deux superpuissances et l’Amériquene se prive pas de démonstrations de force : son armée débarque à Grenade, île indépendante des Caraïbes, convaincue que celle-ci pourrait devenir un nouveau Cuba. En URSS, c’est le chef du KGB, Andropov, qui dirige les orientations stratégiques et prend le pas sur le vieux Brejnev, malade et affaibli. Partout en Occident, l’URSS est présentée comme une société dominée par le complexe militaro-industriel…
En dévoilant aux Américains, lors d’un sommet du G7 au Canada, que Mitterrand a à sa disposition tous les secrets que le KGB a recueillis chez eux sur leur politique d’armements, il gagne dès 1981 la confiance du Président Reagan, tout en le convaincant que la présence de communistes à son gouvernement n’entrave en rien sa liberté politique ni sa fidélité envers ses amis américains.François Mitterrand doit toutes ces informations au don gracieux d’un transfuge soviétique, Vladimir Vetrov, dit Farewell.On y trouve la liste des agents dont dispose le KGB en France, aux Etats-Unis et dans d’autres pays de l’Ouest. Autre gain inestimable : la copie de toutes les informations que les Russes ont pu capter entre autres sur les nouvelles armes stratégiques en fabrication.
Le choc ressenti par la CIA et par Reagan en apprenant ces fuites laisse bientôt place à un optimisme raisonné.Le fait qu’un lieutenant-colonel du KGB puisse trahir son pays témoigne des difficultés de l’URSS à protéger des informations confidentielles mais révèle également son incapacité à s’aligner sur la puissance militaire américaine. Bien décidé à donner le coup de grâce aux Soviétiques, Reagan va orchestrer un grand coup de bluff : ce sera le projet de“Guerre des étoiles” (ou Initiative de Défense Stratégique), par laquelle les Etats-Unis se rendraient invulnérables aux attaques des missiles nucléaires soviétiques. Si unetelle réalisation est impossible, elle a pour Reagan le mérite de démontrer aux Russes que leur arsenal est obsolète.
H.T
Par zoom-Cinema.fr le 27 juillet 2009.


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